Psychologue, spécialiste des questions amoureuses, chroniqueuse à la radio et à la télévision, auteure, Sabrina Philippe a une passion : plonger dans les méandres de la psyché humaine pour en faire jaillir la lumière.

Dans son nouveau roman « Et que nos âmes reviennent… », elle nous invite à suivre une histoire intime aux accents universels : celle d’une femme brillante qui rencontre un homme à l’apparence idéale. La belle histoire d’amour se transforme en enfer. L’emprise, le lien toxique et karmique la font sombrer dans l’ombre. Jusqu’au jour où elle ouvre les yeux et comprend peu à peu le sens caché de son parcours de vie.

Un livre troublant, remuant, qui nous invite à nous interroger : et si nos rencontres avaient un sens invisible ? Et si notre lointain passé pouvait résonner en filigrane dans notre vie ?

Interview

Sabrina Philippe, votre roman inspiré de faits réels, raconte l’histoire d’une femme tombée sous l’emprise d’un homme brillant. Il débute par le décès de la maman de l’héroïne…

L’héroïne du roman dit « Adieu » à sa mère, disparue brutalement. Un chapitre de sa vie douloureux mais porteur de lumière revient à sa mémoire : son histoire d’amour avec un homme, avocat d’affaires brillant mais destructeur pour elle. 

Il a fait d’elle une princesse mais en fait, au fil du temps, il a voulu la posséder, l’enfermer. 

Dès le début de sa relation, elle n’a pas vu les signes, il faut dire que le décor était tellement beau !  Elle a fini par tout perdre :  travail, amis, joie de vivre, santé…Elle n’a pas vu, ou n’a pas voulu voir qu’elle vivait une relation toxique. Et puis un jour, les premiers déclics…Elle est revenue peu à peu à la vie.

Le décès de sa mère a été la dernière étape pour qu’elle ouvre les yeux, pleinement, sans peur.

Vous savez, lors d’un deuil, on s’interroge inévitablement sur la mort, sur l’amour, sur le temps qui reste. On apprend beaucoup sur la Vie. On prend conscience.

Pour revenir à cette histoire vécue, je l’ai écrite de manière inspirée comme pour chacun de mes livres. C’est une énergie qui me pousse à poser des mots. À chaque fois, j’écris très vite. Je m’efface, je suis comme un tube transparent et je transmets…

Au-delà de cette histoire d’emprise, de manipulation, j’ai voulu mettre en exergue des questions plus profondes. Nous ne sommes pas seulement dans le cadre d’une expérience avec un pervers narcissique, avec toutes ses conséquences sombres (perte d’estime de soi, enfermement, dépression…). 

J’ai aussi souhaité évoquer la thématique des âmes qui peuvent se retrouver dans cette vie, afin de régler leurs « litiges ».

J’ai tenté d’expliquer à travers ce récit de vie, qu’il n’y a pas de responsable direct. Nous avons tous notre part d’ombre et de lumière. 

Il est inutile de désigner quelqu’un comme coupable de notre malheur. Car tout est tellement plus complexe. Il faut parfois détricoter les fils d’une histoire pour en comprendre le sens profond. 

 

Vous faites le parallèle avec une histoire vécue durant la seconde guerre mondiale. Cet homme semble donc revenir de ce passé…

Alors que l’héroïne n’est plus que l’ombre d’elle-même, des images s’imposent à son esprit : celle d’une jeune femme emprisonnée et cachée dans un camp de concentration par un nazi en 1944.

Ces souvenirs résonnent dans son âme et dans son corps encore plus douloureusement lorsqu’elle prend conscience que son compagnon est antisémite.

En 1944, cette femme d’origine juive, prisonnière d’un homme qui semblait l’aimer, s’est enfuie et est morte de froid dans une forêt.

Cet homme ressemble à son compagnon. Il croit l’aimer mais il l’enferme.

L’héroïne semble revivre cette relation d’emprise dans un contexte différent.

Elle va chercher à comprendre, à mettre du sens sur son expérience. Ouverte sur le plan spirituel, elle va partir à la rencontre de chamans, de mediums…

Sa conclusion est sans appel :  elle vit une relation karmique. La boucle doit être bouclée afin qu’elle puisse reprendre sa vie en main.

Elle s’éloigne, elle fait un premier pas sur le chemin de la guérison, de la libération.

Lui essaie de la récupérer, il ne peut pas vivre sans elle comme dans l’ancien temps. Elle revient avec un nouveau regard, peut-être avec l’envie de se venger même si elle arrive à avoir de la compassion pour lui.

Et puis elle ferme définitivement la porte sur son présent et sur son passé. 

Sa maman décède, alors qu’elle était dans un lien fusionnel avec elle. Elle est seule désormais, seule face à elle-même. La lumière rejaillit peu à peu. 

Elle est de nouveau libre d’être elle-même, avec de nouvelles clés pour avancer sur sa route. Son âme blessée guérit peu à peu.

Ce roman porte en lui l’ombre et la lumière que nous portons en nous. 

Chacun de mes livres a pour but d’aider le plus grand nombre. 

À travers « Et que nos âmes reviennent… », j’ai souhaité délivrer un message : La lumière est en chacun de nous. Elle ne demande qu’à jaillir. 

La réponse est toujours en nous.

Je suis psychologue spécialiste des questions amoureuses et j’ai vécu moi-même une relation d’emprise. Cela peut arriver à tout le monde…

Mais il n’y a jamais de hasard, de fatalité. Un jour, il faut regarder les choses en face, avec courage et bienveillance. 

Se donner beaucoup d’amour et se demander pourquoi nous avons pu accepter cela. Alors le processus de guérison et d’acceptation peut s’enclencher.

Extrait :

« Il y a des amours qui nous portent vers le sombre, le pire, la colère et les larmes.

Il y a des êtres qui semblent nous avoir attendus juste pour nous détruire, dont le visage angélique des débuts se transforme en celui d’un diable insaisissable.

Il y a des unions malheureuses, ravageuses, qui nous abîment, et dont pourtant nous ne parvenons pas à nous extraire.

Il y a des amours qui en ont l’apparence, mais qui n’en sont pas.

Je pourrais vous dire ici que j’ai rencontré nombre de ces femmes et de ces hommes incapables de partir malgré la souffrance, espérant sans cesse un renouveau salvateur, une issue joyeuse à ce qui n’est que douleur.

Je pourrais vous dire que j’en ai aidé certains à couper ce lien toxique, alors que d’autres n’ont pas pu s’enfuir et boivent encore chaque jour ce breuvage amer qui les affaiblit, tendu avec un sourire par l’être qui les détruit.

Mais je préfère vous raconter une histoire, je préfère vous emmener sur les chemins de ma vie pour que celles et ceux qui se reconnaissent dans ces quelques lignes puissent comprendre, et partir.

Et puis, que cela soit dit dès ces premières lignes, nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle… »

Livre « Et que nos âmes reviennent… », Sabrina Philippe, éditions Flammarion.

Interview menée par Anne Bouquet.

ANNE BOUQUET

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Journaliste depuis une vingtaine d’années en presse écrite, j’ai mené une vie professionnelle classique : salariée d’un quotidien régional, d’une revue économique, de différents hebdomadaires locaux…

Une vie passionnante où j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de monde.

Curieuse de nature, passionnée par la vie, j’ai mis par la suite mes passions au premier plan : ésotérisme, parapsychologie, techniques de bien-être, culture, littérature…

Aujourd’hui, je travaille en tant que journaliste free- lance, pour des sites internet et des agences de communication.

Et puis j’écris des livres pour de belles âmes…

L’écriture est une énergie. À nous de la faire voyager, librement.

MA CONTRIBUTION AU JDBN:

« Partout dans le monde, derrière le langage courant- et souvent déprimant des médias- des hommes et des femmes de bonne volonté, font jaillir la lumière dans tous les secteurs de notre société.
Regardons- les, écoutons-les. Prenons exemple.
Le JDBN porte ces valeurs. Je suis aujourd’hui ravie d’accompagner ce média qui nous porte vers le haut. »

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