Il est très tard. La table déborde encore de verres, les rires fusent, quelqu’un propose « juste un dernier ». On sait tous comment cela finit : un réveil difficile, une bouche sèche, la promesse intérieure de ne plus recommencer… jusqu’à la prochaine soirée.
C’est précisément dans ces moments que s’inscrit Bon vivant ou bien vivant ? Pourquoi choisir ?, le livre de Maxime Commo et Ludovic Riera. Ce n’est ni un traité moralisateur, ni un manuel austère de santé parfaite. Plutôt une tentative lucide de comprendre pourquoi nous oscillons sans cesse entre plaisir et fatigue, entre convivialité et culpabilité.
Car au fond, la vraie question n’est pas de savoir s’il faut vivre intensément ou prudemment. Elle est de comprendre comment vivre pleinement sans payer le prix trop lourd des excès répétés.
Quand une soirée se transforme en bataille silencieuse
Les auteurs commencent par une scène que chacun reconnaîtra sans difficulté.
Une soirée entre amis, après une journée chargée. On arrive fatigué, un peu déshydraté, sans vraiment y penser. Le premier verre détend, le deuxième réchauffe l’ambiance, le troisième passe presque sans qu’on le remarque.
Pendant ce temps, le corps, lui, s’active.
L’alcool franchit rapidement l’estomac, passe dans l’intestin, rejoint la circulation sanguine, puis arrive au foie. Là commence un travail invisible mais intense : transformer cet alcool en substances que l’organisme pourra éliminer. Tout cela se déroule en silence, sans douleur immédiate. Mais le lendemain matin, le corps rappelle qu’il n’a rien oublié.
Ce livre montre avec justesse que les lendemains difficiles ne sont pas une fatalité. Ils sont souvent la conséquence de gestes anodins répétés sans conscience.
Les auteurs racontent par exemple ce réflexe universel : boire un grand verre d’eau juste avant d’aller dormir, persuadé que cela suffira à éviter la gueule de bois. Une solution tardive, souvent inefficace.
À l’inverse, ils proposent un geste simple, presque banal : garder une bouteille d’eau près de soi pendant toute la soirée et alterner systématiquement eau et alcool. Ce rythme ralentit naturellement la consommation et limite la déshydratation, l’une des principales causes des maux de tête du lendemain.
Le foie, cet employé discret qui travaille pour nous
Parmi les images marquantes du livre, une métaphore reste en mémoire.
Le foie y est décrit comme un employé de ménage, discret mais infatigable. Il nettoie, trie, élimine, sans jamais réclamer de pause. Lorsque l’alcool arrive en grande quantité, il accélère le rythme. Lorsqu’on ajoute des médicaments, comme un comprimé pris au réveil pour calmer un mal de tête, on lui impose une nouvelle charge alors qu’il n’a pas terminé la précédente.
On croit aller mieux, mais en réalité, le travail continue en coulisses.
Cette image simple permet de comprendre une vérité souvent ignorée : ce n’est pas parce que la douleur disparaît que l’organisme a récupéré.
Et soudain, le corps cesse d’être abstrait. Il devient un allié fragile que l’on doit soutenir plutôt que surcharger.
Le plaisir de manger… et celui de s’arrêter
Les pages consacrées à l’alimentation sont toutes aussi interessantes.
Un repas familial qui s’éternise, des plats qui se succèdent, des assiettes que l’on remplit encore, non plus par faim, mais par plaisir ou par politesse. On mange parce que c’est bon, parce que c’est convivial.
Puis vient ce moment connu de tous : cette sensation de lourdeur, ce besoin de se lever lentement, ce soupir discret après le repas.
Les auteurs ne condamnent pas ces instants. Au contraire, ils les replacent dans leur contexte : l’excès ponctuel fait partie de la vie sociale. Ce qui devient problématique, c’est l’habitude quotidienne de manger plus que nécessaire.
Notre corps, expliquent-ils, s’est construit pendant des millénaires dans un environnement où la nourriture était rare. Aujourd’hui, elle est partout, disponible à toute heure, souvent trop riche et trop rapide à consommer.
Ce décalage entre notre biologie ancienne et notre mode de vie moderne explique en partie les déséquilibres actuels. Mais il n’impose pas de renoncer au plaisir. Il invite simplement à mieux l’apprivoiser.
La fatigue moderne, ce poison discret
Le chapitre consacré au sommeil frappe par sa justesse.
On y retrouve ces soirées où l’on prolonge la journée devant un écran, persuadé que quelques minutes de plus ne feront aucune différence. Puis ces réveils trop rapides, ces matins où l’on se sent déjà fatigué avant même d’avoir commencé.
La fatigue ne s’installe pas brutalement. Elle s’accumule.
Jour après jour, nuit après nuit, elle affaiblit l’organisme, ralentit la récupération, augmente la sensibilité au stress et aux excès. Un verre d’alcool aura plus d’impact sur un corps fatigué que sur un corps reposé. Un repas copieux sera plus difficile à digérer après une nuit écourtée.
Le sommeil apparaît alors pour ce qu’il est réellement : non pas un luxe, mais une nécessité.
Sans lui, tous les équilibres deviennent fragiles.
Retrouver une santé qui libère
La dernière partie du livre s’intéresse à un pilier essentiel : l’immunité.
Comme une capacité concrète à résister aux aléas de la vie moderne.
Les auteurs évoquent des gestes simples mais puissants : marcher dans la nature, s’exposer à la lumière naturelle, respirer profondément, ralentir le rythme lorsque le corps envoie des signaux de fatigue.
Ces gestes semblent anodins. Pourtant, répétés régulièrement, ils renforcent la capacité du corps à récupérer et à se défendre.
La santé cesse alors d’être une contrainte. Elle devient une condition de liberté.
Car un corps solide permet de profiter davantage des plaisirs sans en subir systématiquement les conséquences.
Refuser les extrêmes pour retrouver l’équilibre
Ce qui rend ce livre particulièrement intéressant, c’est son refus des positions radicales.
Il ne prône ni l’abstinence totale, ni la performance permanente. Il propose une voie médiane, plus réaliste, plus humaine.
Vivre intensément ne signifie pas vivre imprudemment.
Prendre soin de soi ne signifie pas renoncer à la joie.
Cette vision moderne de l’équilibre correspond à une réalité que beaucoup ressentent confusément : nous ne voulons pas vivre moins… nous voulons vivre mieux.
Une philosophie de vie plus qu’un guide pratique
Au fil des pages, une évidence s’impose.
Ce livre n’est pas seulement un manuel sur l’alcool, l’alimentation ou le sommeil. C’est une réflexion sur notre manière d’habiter le monde, sur la façon dont nous choisissons de vivre jour après jour.
Il nous rappelle que le plaisir n’est pas un ennemi. Qu’il peut devenir un allié, à condition d’être compris et respecté.
Un plaisir occasionnel garde sa magie. Un plaisir permanent finit souvent par perdre sa saveur.
Ne dit-on pas « De tout, un peu. »
Et peut-être est-ce là la plus grande leçon de cet ouvrage : apprendre à savourer sans s’épuiser, à vivre intensément sans se trahir, à trouver cet équilibre fragile qui permet de rester à la fois bon vivant… et bien vivant.
Dans une époque saturée d’injonctions contradictoires et de discours anxiogènes autour de la santé, cet ouvrage apporte de la fraicheur : il rassure, il éclaire et il déculpabilise. Et pour beaucoup de lecteurs, il sera tout simplement un livre qui va faire du bien.


Les auteurs
Maxime Commo et Ludovic Riera sont enseignants en éducation physique et sportive et formateurs en hygiène de vie. Mais au-delà de leurs compétences scientifiques, ils se définissent avant tout comme des épicuriens, amoureux des plaisirs simples et sincères de la vie.
Leur démarche ne consiste pas à bannir les moments festifs ou les plaisirs de la table. Bien au contraire. Tous deux ont connu cette tension familière entre discipline et plaisir, entre performance et convivialité. Cette expérience vécue donne au livre un ton profondément humain et accessible, loin des discours culpabilisants ou des recettes miracles.
Ils proposent aussi des recettes de cocktails, d’apéros et de dîners pensées pour rester gourmandes tout en étant plus respectueuses du corps. Parce que prendre soin de sa santé ne signifie pas renoncer au plaisir.
Où trouver ce livre:
Titre : Bon vivant ou bien vivant ? Pourquoi choisir ?
Auteurs : Maxime Commo et Ludovic Riera
Éditeur : Le Courrier du Livre
Lien affilié
Attention : selon la loi de l’abondance, garder une bonne nouvelle pour soi pourrait bloquer votre karma. Partagez cet article… par pure prudence cosmique.
Soutenez l’application JDBN
Vous aimez notre média positif et nos contenus quotidiens ?
Aidez-nous à finaliser la création de l’application JDBN, pensée pour diffuser encore plus de bonnes nouvelles.
Vous avez une belle histoire à partager ?
Le Journal des Bonnes Nouvelles met en lumière des initiatives positives,
des parcours inspirants et des projets porteurs de sens auprès de
plus de 1,2 million de lecteurs francophones.
À partir de 490 € pour une première collaboration
Sources : JDBN – Bon vivant ou bien vivant ? Pourquoi choisir ?, Maxime Commo et Ludovic Riera, Éditions Le Courrier du Livre – Crédits visuels : Éditions Le Courrier du Livre – Depositphotos


















