Depuis toujours, l’humanité rêve d’échapper au vieillissement et de percer le mystère de l’immortalité. De la quête de Gilgamesh à la Fontaine de Jouvence, en passant par l’alchimie médiévale, chaque époque a cherché son élixir de vie. Aujourd’hui, la Silicon Valley investit des milliards dans la médecine régénérative et l’intelligence artificielle, tandis que d’autres voix s’élèvent pour proposer des alternatives.

Dans leur nouveau livre Le Secret de la Vie (Éditions Trédaniel), Romuald Leterrier, chercheur indépendant et spécialiste du chamanisme amazonien, et Jocelin Morisson, journaliste scientifique, explorent une piste fascinante : et si la clé ne se trouvait pas dans les laboratoires, mais dans notre rapport au temps et à la conscience ?

Leur ouvrage tisse des liens entre rétrocausalité, synchronicités et alchimie pour proposer une vision radicalement nouvelle : apprendre à « boucler le temps » et à se relier au futur pour transformer nos vies.

Nous les avons contactés pour une interview passionnante.


INTERVIEW

1. Face aux milliards investis dans la recherche sur la longévité, la rétrocausalité peut-elle représenter une voie alternative crédible ?
JM : À terme ce sera peut-être le cas si la réalité d’une influence à rebours du temps était largement reconnue par la science. Pour l’heure, il s’agit d’une hypothèse qui est testable à l’échelle individuelle et collective par des individus ayant une grande ouverture d’esprit.

2. Les synchronicités peuvent-elles devenir un outil thérapeutique face à la montée des troubles anxieux et dépressifs ?
JM : Oui parce que les synchronicités ouvrent un champ des possibles qui conduit à une lecture spirituelle de la réalité, et non plus strictement mécaniste. Cette vision rejoint celle de l’écophilosophie qui transforme notre relation à la nature en nous amenant à comprendre que nous sommes tissés dans la trame du vivant. Les troubles anxieux et dépressifs proviennent d’un sentiment d’isolement, de coupure, qui s’évanouit quand on comprend que notre véritable nature s’étend au-delà du corps.

3. Comment la rétrocausalité dialogue-t-elle avec les avancées récentes en épigénétique et en médecine régénérative ?
JM : La science ne reconnaît pas de façon consensuelle la possibilité d’actions rétrocausales. Cette réflexion n’en est qu’à ses prémices car elle suppose une profonde remise en question de la nature du temps. Quelques travaux de physique vont dans ce sens mais une compréhension nouvelle de ce qu’est réellement le temps prendra beaucoup de… temps. En revanche, il est établi que l’épigénétique fait le lien entre l’expression des gènes et des facteurs non physiques comme les pensées, les traumatismes et l’environnement psycho-social. Si l’influence du passé est avérée, peut-être que l’influence du futur le sera également.

4. Dans un monde où l’IA prolonge artificiellement la mémoire des défunts, quelle différence entre immortalité simulée et vie prolongée réelle ?
JM : Le fantasme du transfert de la conscience d’un individu sur un support numérique après le décès suppose que l’intégralité de la personnalité est conservée et que l’individu continue d’exister avec sa capacité entière à être elle-même, à l’exception du corps. On en est très loin avec les outils actuels qui se contentent de simuler la personnalité à partir d’éléments laissés par le défunt, comme le contenu de ses réseaux sociaux. L’IA qui prend le relais n’a rien à voir avec la véritable personnalité du défunt.

5. Les récentes avancées en intelligence artificielle changent-elles notre manière de concevoir un futur connecté et rétrocausal ?
JM : Certains chercheurs en IA qui sont évoqués dans notre livre ne souscrivent pas à une interprétation strictement mécaniste et matérialiste du vivant. Par conséquent, les progrès rapides dans le domaine de l’IA et de l’informatique quantique peuvent conduire ce type de chercheurs à tester les hypothèses évoquées dans le livre.

6. Peut-on concilier tradition alchimique et science moderne sans tomber dans le mysticisme ou le réductionnisme ?
JM : La science moderne tend à redécouvrir des connaissances qui avaient été acquises autrefois par certains initiés par des modalités différentes, telles que l’intuition et l’expérience directe d’états modifiés de conscience par exemple. On valide aujourd’hui des connaissances comme celles de chamanes alors qu’elles étaient tenues pour folklorique et irrationnelles il y a encore quelques décennies. C’est certainement la même chose pour l’alchimie, qui avait avant tout la puissance symbolique d’une voie initiatique.

7. La croyance en la singularité technologique annoncée par certains est-elle une utopie dangereuse ou un moteur de recherche légitime ?
JM : Comme pour tous les « outils », c’est l’usage qui fait sa valeur. Le mythe de la singularité est certainement une utopie dangereuse qui peut déboucher sur des avancées positives pour l’humanité, le vivant, la planète et au-delà. Cette quête peut amener à la prise de conscience que nous ne pouvons pas « fusionner » avec la machine parce que nous ne sommes pas une machine biologique nous-mêmes.

8. Les synchronicités peuvent-elles être intégrées dans des protocoles de recherche scientifique comme la méditation l’est déjà ?
JM : Des protocoles ont déjà été conçus et il s’agit de trouver le bon contexte pour les mettre en œuvre.

9. Le lien entre conscience et réalité défendu par certains penseurs trouve-t-il aujourd’hui un écho dans la physique quantique ?
JM : Ce lien avait un écho chez les pionniers de la physique quantique et n’a jamais disparu depuis même si de nombreux physiciens ont tenté de l’étouffer au fil des décennies. Il est aujourd’hui plus valide que jamais dans des interprétations qui rejoignent la phénoménologie en philosophie et qui nous disent que nous sommes fondamentalement inséparables du monde que nous prétendons objectiver. Par conséquent, l’observateur, l’observation et l’observé ne font qu’un, de même que réalité et conscience.

10. Dans un contexte de crises écologiques et sociales, la vision d’un « unus mundus » (réalité unifiée) peut-elle inspirer de nouveaux choix collectifs ?
JM : Plus que jamais et on trouve cette réflexion autour du caractère profondément « relationnel » du monde chez de nombreux auteurs, philosophes, anthropologues… Il s’agit d’un changement profond de paradigme qui va progressivement infuser dans la société et orienter de nouveaux choix collectifs. Mais il suppose de faire tomber un tabou persistant autour de la notion de spiritualité, à laquelle il conduit inévitablement.

Propos recueillis par Sophie Denis, en exclusivité pour le JDBN


La bonne nouvelle

Dans une époque marquée par l’angoisse du temps qui passe et par les promesses parfois inquiétantes de l’intelligence artificielle, Le Secret de la Vie apporte un message d’espoir. Il nous invite à regarder autrement la vie et le temps, à découvrir dans les synchronicités et la conscience des clés de transformation accessibles à tous.

Ce livre rappelle que la véritable longévité n’est peut-être pas une course technologique, mais un chemin intérieur, à la portée de chacun.

👉 Le Secret de la Vie – Rétrocausalité, synchronicités, alchimie, de Romuald Leterrier & Jocelin Morisson, Éditions Guy Trédaniel, 300 pages, 19,90 € Commander le livre grâce à notre Lien affilié JDBN

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