À l’âge de 4 mois, Monique Jorland aurait dû rejoindre le ciel. Mais son destin en a été autrement. Sauvée grâce à un vieil ermite guérisseur -qui lui a transmis son don-Monique Jorland a pu traverser la vie en voyant et en ressentant ce que les autres ne pouvaient pas percevoir. Unie à l’invisible depuis son enfance, elle a ensuite consacré sa vie à guider, à éclairer et à soulager ses semblables.
Une vie extraordinaire qui est relatée avec force et humilité dans le livre « Les ombres me parlent », qui vient d’être publié aux éditions Exergue.

Interview

Votre enfance a été marquée par la maladie, la solitude, la foi et une médiumnité qui ne demandait qu’à jaillir. Une première tranche de vie qui a façonné votre destinée….

Je suis née à Paray-le-Monial. Bébé, on me donnait 4 mois à vivre car j’avais un grave problème au niveau du duodénum. 

Mes parents m’ont emmenée en désespoir de cause chez un guérisseur, Marcel, un ermite qui vivait à la campagne. Il m’a sauvée mais en retour, il a dit à ma mère : « Elle deviendra le relais, je lui transmettrai mon don ». Ma mère a accepté sans croire en ces paroles. Et pourtant…

J’ai grandi aux côtés de mes quatre sœurs et de mes parents. J’étais une enfant solitaire, très attirée par les églises et par Marguerite-Marie Alacoque, la sainte de Paray-le-Monial. Je priais beaucoup. J’étais inspirée. D’ailleurs je me vois encore suivre les pèlerinages.

J’étais petite mais j’avais déjà des pensées, des sensations, des évidences qui me venaient à l’esprit. Une nuit, j’ai rêvé que ma tante Yvonne était décédée. Elle habitait à Lyon. 

Le matin, je l’ai dit à ma mère qui s’est mise dans une colère noire. Je suis partie en pleurant.

L’après-midi, un postier a apporté un télégramme annonçant le décès de Tante Yvonne. 

Ma mère ne me montrait pas beaucoup d’affection et j’en ai souffert. On me prenait pour le vilain petit canard. 

De plus, j’étais rousse et à l’époque, on nous montrait du doigt. 

Je me suis repliée sur moi-même. Je me reliais de plus en plus à ce que je sentais, à cet invisible lumineux.

J’étais seule et pourtant, je n’avais peur de rien. Je me sentais capable de tout affronter dans la vie. Cette dernière ne m’a d’ailleurs pas épargnée ! Mais je me suis toujours relevée.

 

La médiumnité s’exprime au temps de la maladie

À l’âge de quinze ans, j’ai été prise de douleurs terribles dans les jambes et le dos. 

Après de nombreux examens, les médecins ont posé leur diagnostic : maladie de Pott et épiphysite vertébrale. Seule solution pour améliorer ma santé : m’envoyer dans un institut héliomarin pour une convalescence au soleil, dans le sud de la France.

Je suis restée deux ans, allongée sur un lit en ferraille, dans ce centre tenu par des religieuses. Deux années à vivre enfermée dans mon corps, sans aucune autonomie et sans la présence de ma famille.

La nuit, je rêvais que je volais, que je me retrouvais entre ciel et terre auprès de personnes bienveillantes.

Durant ce temps entre parenthèses, j’ai réellement intégré le fait que j’étais différente, que ce que je ressentais, était bien réel. 

Ces visions s’avéraient justes. Que ce soit l’entorse de sœur Marguerite au père Fernand qui partait en douce avec sœur Marie…Rien ne m’échappait ! (rires)

Une fois sortie de l’institut, j’ai mis six mois à réapprendre à marcher et j’ai continué ma vie, avec encore plus de force intérieure et la foi chevillée au cœur.

 

Jeune adulte, vous posez vos valises à Paris. Une nouvelle vie a commencé avec ces dons en filigrane…Tout s’est accéléré….

Je me suis installée dans ma vie d’adulte à Paris. Une amie m’a convaincue d’aller voir Madame Soleil, qui connaissait en ce temps- là un succès rayonnant ! 

J’avais ce don en moi, je ne savais qu’en faire, je me posais aussi des questions sur mon avenir. 

J’ai donc pris rendez-vous avec Germaine Soleil. Celle-ci était pressée de me voir. Elle m’a trouvé une place en un rien de temps.

Elle m’a demandé ma date de naissance puis elle m’a décrit tout mon passé : la fait que je n’aurais pas dû vivre, que j’avais été sauvée par un guérisseur, mes deux années passées dans un centre où j’ai vécu une mort symbolique pour mieux renaître… Elle a aussi vu mes dons de clairvoyance, de prémonition et de guérison. 

Puis elle m’a parlé de mon avenir avec ses joies et ses peines, de mes dons qui allaient changer le cours de mon existence.

Perplexe, je l’ai écoutée. Elle m’a aussi annoncé que plus tard, j’aurais la capacité de communiquer avec les défunts et que je serais artiste-peintre, moi qui ne connaissais rien à cet art. Je suis restée dubitative. Et pourtant…

J’ai gardé toutes ces prédictions dans un coin de mon esprit et j’ai continué ma vie. Un mariage, la naissance de ma fille, un divorce…

En parallèle, mes ressentis et mes flashs devenaient incontrôlables. J’étais comme un scanner. C’était lourd, pesant. 

Après mon divorce, j’ai dû gagner ma vie et j’ai été embauchée comme secrétaire de direction dans une entreprise de travaux publics.

J’étais entourée d’hommes et naturellement, ils venaient vers moi pour se confier. Je les aidais, les aiguillais. Je les soulageais aussi grâce à mon magnétisme lorsque leurs corps étaient douloureux. Ils m’appelaient « le gentille sorcière ». 

Puis j’ai rencontré mon second mari sur mon lieu de travail et nous sommes partis. 

Il était ingénieur en travaux publics et je l’ai accompagné dans ses déplacements. Nous avons eu ensemble deux beaux garçons.

 J’ai profité de ce temps pour me former en psychologie, en sophrologie et en hypnose. Auparavant, j’avais suivi des stages pour m’initier aux huiles essentielles. 

J’étais passionnée par la nature, le corps humain, la médecine naturelle. J’étais dans mon élément. D’ailleurs, soixante ans après, je me soigne toujours avec les huiles essentielles. 

 

Apprivoiser la psyché humaine

Toutes ces formations m’ont permis de dompter mon propre émotionnel et d’adopter une attitude juste et bienveillante face à celles et ceux qui allaient devenir plus tard mes consultants. 

J’avais conscience d’avoir ce don de clairvoyance mais je ne savais pas comment « annoncer » les événements aux gens. Quels mots employer ? Comment ne pas heurter, ne pas blesser ? Il est nécessaire d’avoir des clés pour tenir un dialogue serein et constructif. 

La médiumnité s’est conjuguée avec cette faculté de soulager (que ce soit par l’hypnose ou le magnétisme). Ce mariage entre ces deux capacités m’a permis de sonder les tréfonds de l’âme et de l’inconscient. 

Rapidement, on a fait appel à moi, par le bouche- à-oreille, tant pour de la voyance que pour soulager des maux physiques et moraux. 

Les personnes qui arrivaient chez moi, se sentaient souvent au bout du rouleau. Je réactivais leur énergie de vie. 

Au cours de ma vie de medium et de guérisseuse, j’ai dû prendre le large, m’échapper loin car le quotidien était souvent fatiguant. Amoureuse de voyages, je suis souvent partie en Afrique, aux Antilles, faire des pauses, me retrouver.

Et puis une nouvelle fois maman célibataire, j’avais tout simplement le poids du quotidien à porter sur mes épaules, avec tous les tracas que cela sous-entend. J’avais besoin de souffler. Et ces parenthèses à l’étranger m’ont permis de tenir bon, de rester debout et de donner le meilleur de moi-même, jour après jour.

Au fil du temps, mes dons se sont « élargis », comme me l’avait prédit Madame Soleil lorsque j’étais une jeune fille.  J’ai eu de plus en plus de contacts avec les défunts. 

Ce don est arrivé ainsi : un jour, j’ai senti une tape sur mon épaule. En face de moi se tenait mon père, qui était décédé depuis quinze ans.

 Il m’a dit : « Ma fille ». 

Depuis ce jour, je vois les défunts, je les « lis » et je transmets tout ce qu’ils ont à dire.  Ces contacts se sont imposés à moi au cours des séances. Là encore, le bouche- à- oreille a fait le reste puisque de nombreuses personnes venaient pour avoir des contacts avec leurs chers disparus.

Nos défunts veillent sur nous, ils nous transmettent leur amour et ils révèlent aussi des vérités dans le but de nous protéger, ce qui peut engendrer des situations cocasses …(sourires).

Je profite de cette occasion pour expliquer qu’il faut toujours attendre au moins deux mois après un décès pour tenter d’avoir un contact avec la personne disparue. En effet, nos défunts ont eux aussi des phases à traverser, une fois passés dans le monde invisible et il faut respecter ce temps de transition.

© Monique Jorland

Parlons de votre don pour la peinture. Madame Soleil vous avait annoncé une carrière d’artiste-peintre et là encore, vous avez été poussée dans cette voie alors que rien ne vous y préparait…


Lors d’une séance publique de contacts avec des défunts, un message m’était destiné : on m’a dit : « Elle ne le sait pas encore mais un jour, elle peindra ! »

À noter que je n’ai jamais été attirée par cet art, je n’ai jamais su dessiner….

Cinq ans après ce message venu de l’invisible, je me suis levée une nuit, à la Toussaint, comme un automate. 

J’ai été guidée vers un chevalet et des pinceaux. 

Je sentais une présence derrière moi qui me « téléguidait » dans mes gestes. Durant quatre heures, j’ai peint sans savoir ce que je produisais réellement, j’étais dans un état de conscience modifié.

 Le matin, quelle surprise ! Ce tableau représentait un chemin de pierres, bordé d’épines…La symbolique de ma vie ?

J’ai lâché prise et lors de ces moments où je me sentais assistée, j’ai pris mes pinceaux et mes toiles. Mes tableaux ont envahi ma maison, certains de mes consultants ont voulu me les acheter. 

Mes tableaux interpellent. Ils portent en eux des messages. 

Mes œuvres peuvent sembler de prime abord surréalistes et fantastiques. Mais en filigrane, elles sont habitées par une énergie spirituelle propice au recueillement, à la méditation, à la paix.

© Monique Jorland

Madame Soleil m’avait prédit : « Au crépuscule de votre vie, vous raconterez votre histoire ». 

Vous savez, j’ai toujours hésité à écrire, à mettre en mots quelques chapitres de ma vie car j’aime rester dans l’ombre… Mais encore une fois, j’ai été guidée pour écrire ce titre autobiographique.

Ma vie a été intense, remplie de lumière mais aussi de souffrances et de difficultés et aujourd’hui encore, je me demande souvent : « Mais pourquoi moi ? Pourquoi une telle destinée ? »

Ce livre est l’occasion d’expliquer que la vie d’une medium n’est pas un long fleuve tranquille mais ce qui transcende tout, c’est l’Amour.

Livre « Les ombres me parlent », de Monique Jorland, éditions Exergue. 

Propos recueillis par Anne Bouquet, en exclusivité pour le JDBN

ANNE BOUQUET

Journaliste depuis une vingtaine d’années en presse écrite, j’ai mené une vie professionnelle classique : salariée d’un quotidien régional, d’une revue économique, de différents hebdomadaires locaux…

Une vie passionnante où j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de monde.

Curieuse de nature, passionnée par la vie, j’ai mis par la suite mes passions au premier plan : ésotérisme, parapsychologie, techniques de bien-être, culture, littérature…

Aujourd’hui, je travaille en tant que journaliste free- lance, pour des sites internet et des agences de communication.

Et puis j’écris des livres pour de belles âmes…

L’écriture est une énergie. À nous de la faire voyager, librement.

MA CONTRIBUTION AU JDBN:

« Partout dans le monde, derrière le langage courant- et souvent déprimant des médias- des hommes et des femmes de bonne volonté, font jaillir la lumière dans tous les secteurs de notre société.
Regardons- les, écoutons-les. Prenons exemple.
Le JDBN porte ces valeurs. Je suis aujourd’hui ravie d’accompagner ce média qui nous porte vers le haut. »

Anne Bouquet.