Dans cette interview exclusive accordée au Journal des Bonnes Nouvelles, Catherine Roumanoff revient sur Le Bureau des âmes, un roman profondément humain.

Le Bureau des âmes

Amours, médiumnité et chemins de vérité

Il y a des romans qui se lisent comme une évasion.
Et d’autres qui, sous couvert de fiction, viennent toucher quelque chose de plus intime, de plus sensible. Le Bureau des âmes appartient à cette seconde catégorie : un récit à la fois doux et puissant, où l’amour, l’invisible et la quête de soi se croisent avec une justesse rare.

Publié en mai 2022 aux éditions Le Lotus et l’Éléphant, ce livre est le troisième roman de Catherine Roumanoff. Hypnothérapeute et enseignante en hypnose spirituelle, l’autrice nourrit son écriture d’une connaissance intime des territoires qu’elle explore sans jamais verser dans le démonstratif.


Une héroïne médium… qui rêve d’être “comme tout le monde”

Coraline, dite Coco, voit les âmes depuis l’enfance. Un don qu’elle n’a jamais vraiment choisi, ni pleinement accepté. À 25 ans, elle aspire à une vie simple : aimer, construire, se fondre dans la normalité.

« Mais à 25 ans, elle n’a qu’une seule idée, rencontrer l’amour et mener une vie ordinaire pour être comme tout le monde. »

Jusqu’au jour où l’amour arrive enfin… et où tout bascule.
L’homme qu’elle aime est victime d’un accident dramatique. Il l’appelle depuis cet espace flou entre la vie et la mort. Coco n’a alors plus le choix : elle doit regarder en face ce qu’elle a longtemps refusé. Son don. Sa mission. Sa vérité.


Entre les vivants et les morts, un roman profondément humain

Ce qui frappe dans Le Bureau des âmes, c’est l’absence totale de sensationnalisme. Ici, la médiumnité n’est jamais spectaculaire. Elle est intime, parfois pesante, souvent bouleversante.

Les âmes qui se manifestent ne viennent pas “faire peur” : elles viennent dire adieu, réparer, apaiser. Et parfois, elles surgissent au pire moment — un rendez-vous amoureux, une discussion anodine — rappelant que l’invisible ne respecte ni l’agenda ni les conventions.

« Les âmes en peine n’attendent jamais. Elles semblent même choisir les pires moments pour se manifester. »


Un voyage initiatique au cœur de l’Europe

De Paris à Rome, de Sienne à Athènes, Coco avance entourée de ses amis, vivants et “vivants-morts”. Ces villes ne sont pas de simples décors : elles accompagnent sa transformation intérieure, comme autant d’étapes symboliques vers l’acceptation de soi.

Le roman parle d’amour, bien sûr. Mais aussi d’amitié, de transmission et de fidélité à ce que l’on est profondément, même quand cela dérange.


Catherine Roumanoff : quand l’expérience nourrit la fiction

Avant d’être romancière, Catherine Roumanoff a eu mille vies : artiste plasticienne, designer, professeure de théâtre. Puis l’hypnose est entrée dans sa vie, et n’en est plus repartie.

Aujourd’hui hypnothérapeute spécialisée en hypnose ericksonienne et spirituelle, elle accompagne ses patients autour de la libération d’âme et des régressions dans les vies antérieures. Une expérience qui affleure dans le roman avec une grande justesse.

« Coco, qui n’assumait pas ses dons, va devoir faire volte-face et s’appuyer sur le monde invisible. »


Pourquoi ce roman touche autant

  • Parce qu’il parle de médiumnité sans dogme ni folklore

  • Parce qu’il célèbre les liens invisibles qui nous unissent

  • Parce qu’il pose une question universelle : que se passe-t-il quand on cesse de fuir ce que l’on est ?

  • Parce qu’il offre une vision apaisée de l’au-delà, jamais anxiogène

  • Parce qu’il rappelle que l’amour ne disparaît pas… il change de forme


« Écrire est peut-être ma forme de médiumnité. »


Interview

Instagram @catherineroumanoff

JDBN : Coco, votre héroïne, est médium mais aspire avant tout à une vie “normale”.
Est-ce, selon vous, le dilemme le plus fréquent chez les personnes dotées d’une grande sensibilité intuitive ?

CR : Coco est conseillère bancaire, un métier qu’elle trouve absolument rassurant puisque les chiffres, les additions, les soustractions donnent toujours la même chose. Toute petite, en voyant « un bonhomme moisi sous son lit », elle s’est rendu compte que les autres ne voyaient pas les mêmes choses qu’elle. C’est alors qu’elle a compris sa différence, et surtout la limitation des autres. Sa priorité a été de cerner cette différence, de comprendre où se situent les frontières entre les perceptions dites “normales” et ses perceptions médiumniques. Au départ, tout était mélangé et elle a dû apprendre. Les médiums fascinent, mais l’aveu de leur faculté modifie sans retour en arrière possible le rapport aux autres. Coco a été sollicitée, mais aussi rejetée. Alors, pour elle, ne pas faire son “coming out” est parfois plus simple.


JDBN : Vous avez choisi la fiction pour parler de médiumnité.
Qu’est-ce que le roman permet de dire que l’essai ou le témoignage ne permettent pas ?

CR : Le roman offre une liberté totale : celle d’inventer, de mélanger, de compiler. J’y fais cohabiter plusieurs formes de médiumnité — la vision à distance, lorsque Coco est sollicitée pour retrouver des disparus ; l’incorporation, quand une entité s’invite dans le corps d’un autre pour pouvoir s’exprimer ; ainsi que les dialogues avec des défunts porteurs d’informations essentielles, ou avec des fantômes attachés à un lieu et en quête de libération. Au fil du récit, Coco, à qui les âmes en peine viennent se confier — d’où le titre du roman, Le Bureau des âmes — va peu à peu trouver sa propre manière de vivre et d’assumer sa médiumnité.


JDBN : Le personnage de Coco porte-t-il une part de vous, même de manière indirecte ou symbolique ?

CR : Beaucoup de lecteurs me posent cette question, mais je ne suis pas médium. En revanche, le sujet me fascine, et il apparaît déjà dans mes deux premiers romans. J’aime l’invisible, au sens de ce qui nous appartient intimement : notre inconscient. Mais aussi l’invisible au-delà de notre propre psyché — le transgénérationnel, les vies antérieures, les influences que nous subissons. Nous avons des facultés que nous ignorons et que nous pouvons apprivoiser. Il se trouve que, parfois, j’écris, puis je vis ensuite des choses qui ont été écrites. Finalement, écrire est peut-être ma forme de médiumnité.


JDBN : Vous êtes hypnothérapeute et enseignante en hypnose spirituelle.
En quoi votre pratique a-t-elle nourri l’écriture de Le Bureau des âmes ?

CR : L’hypnose fait tomber des murs, elle libère des blocages. Elle m’a réellement aidée à écrire. Avant de pratiquer l’hypnose, je n’écrivais pas. Elle a libéré mon écriture et j’ai depuis publié sept livres. Cela dit, dans ce roman, la matière est avant tout romanesque. Le Bureau des âmes est d’ailleurs le premier de mes livres qui ne parle pas d’hypnose du tout.


JDBN : Le roman aborde le refus du don et la difficulté à s’accepter.
Pensez-vous que l’acceptation de soi soit toujours une épreuve avant d’être une libération ?

CR : Oui, c’est un enjeu universel : s’accepter tel que l’on est, avec ses zones de lumière et ses zones d’ombre. Accepter son parcours, ses difficultés, puis grandir, s’épanouir, trouver sa voie — ou ses façons d’être au monde. C’est le travail de toute une vie.


JDBN : L’amour est le déclencheur du basculement de Coco.
Selon vous, l’amour est-il toujours un révélateur de vérité, même lorsqu’il fait mal ?

CR : Coco a connu un bonheur total, bien que très bref, avec cet amoureux. Je présente Félix à la fois comme un prince charmant et comme un prince très ténébreux. Coco s’accroche à lui dans une forme de dépendance affective, parce qu’elle est aussi perdue. Sa médiumnité lui permet d’élargir ses informations, de mieux le connaître qu’il ne se connaît lui-même.


JDBN : Les villes qui jalonnent le roman semblent accompagner l’évolution intérieure de Coco.
Quelle importance accordez-vous aux lieux dans l’écriture ?

CR : Les villes traversées sont symboliques d’un voyage intérieur. Elles marquent des étapes, tant dans la relation amoureuse que dans les expériences médiumniques. En les traversant, Coco se cherche, se positionne, se confronte. Elle apprend à mieux connaître ses goûts, ses dégoûts, et grandit dans la connaissance d’elle-même. C’est un véritable parcours initiatique.


JDBN : Le Bureau des âmes propose une vision très apaisée de l’invisible.
Était-il important pour vous de sortir d’une approche anxiogène ou spectaculaire de la médiumnité ?

CR : Je présente la conversation avec l’invisible de manière assez ludique, en inscrivant les fantômes et les défunts dans des problématiques très humaines. Pour Coco, dialoguer avec les défunts sans filtre est parfois plus simple que d’entretenir des relations avec les vivants. Il y a cependant une part de frisson, notamment avec le marquis maléfique du manoir en Toscane. J’espère que le lecteur frémit un peu.


JDBN : Quelle scène ou quel passage du roman vous a le plus émue en l’écrivant ?

CR : La relation entre Coco et Héléna m’a profondément émue. Plus âgée, dotée d’une médiumnité liée au tarot, Héléna incarne une présence respectueuse et attentive. Après l’accident de Félix, elle décide d’emmener Coco en Italie. Là où Coco perçoit l’invisible, Héléna est dans le concret : elle matérialise les désirs, accompagne, soutient. Coco, qui n’a pas eu de mère, découvre en elle une force maternelle solide et contenante.


JDBN : Que souhaiteriez-vous que les lectrices retiennent de Le Bureau des âmes une fois le livre refermé ?

CR : C’est une épopée intérieure, un chemin de vie. Nous sommes les héros de notre propre existence. Nous sommes influencés par une multitude de forces — intérieures et extérieures, visibles et invisibles. L’idée est d’apprendre à mieux se connaître, à mieux s’accepter, à s’assumer pour avancer. En ouvrant davantage notre cœur, nous pouvons apprendre à nous aimer — et à mieux aimer les autres.

Aujourd’hui

Autrice et hypnopraticienne, Catherine Roumanoff est également formatrice, animant des stages d’auto-hypnose, notamment le dimanche à Angers. Elle est aussi animatrice de l’émission Les Virtuoses de l’Hypnose sur ABC Talk TV.

Une actualité cohérente avec son œuvre : engagée, incarnée, tournée vers la transmission et la connaissance de soi.


Soutenez l’application JDBN

Vous aimez notre média positif et nos contenus inspirants ? Aidez-nous à finaliser la création de l’application JDBN.

➜ Je soutiens le projet

🌷 Vous aussi, gagnez en visibilité sur le JDBN

Vous représentez un livre, une marque ou un projet inspirant
à valoriser auprès de 1,2 million de lecteurs francophones ?

👉 Télécharger la fiche partenariat JDBN (PDF)

ou écrivez à ecrireaujdbn@gmail.com

 

sources: Sophie Denis, en exclusivité pour le JDBN – Catherine Roumanoff – Crédits Visuels: JDBN ai généré – Instagram @catherineroumanoff  – Éditions le Lotus et l’éléphant.