Ras-le-bol du catastrophisme médiatique ! Le 10 septembre, un mouvement né sur les réseaux rappelle une évidence : la peur retient l’audience, mais pas le peuple.
Hier, un funiculaire a déraillé au Portugal. Drame, évidemment. Des vies brisées, des familles endeuillées : personne ne minimise. Mais fallait-il pour autant que, 24 heures plus tard, on ne parle que de ça sur toutes les chaînes françaises, en boucle, en boucle, et encore en boucle ?
À quel moment a-t-on décidé que l’information devait se transformer en matraquage anxiogène ?
Le scoop est périmé une heure après sa diffusion, et pourtant les rédactions continuent de ressasser, d’agiter des images chocs, d’interviewer des témoins bouleversés comme si le spectacle de la souffrance était devenu une fin en soi.
Pourquoi ce choix éditorial systématique ? Parce que la peur retient l’audience. Parce que l’émotion fait grimper l’audimat. Parce qu’il est tellement plus simple de remplir l’antenne avec un fait divers dramatique que d’aller chercher des histoires constructives, porteuses de sens et d’avenir.
Résultat : une vision du monde complètement déformée. À force d’être bombardés de catastrophes, on finit par croire que tout va mal, que tout est dangereux, que tout s’effondre. C’est faux. Chaque jour, des solutions émergent, des gens s’entraident, des chercheurs avancent, des initiatives locales changent des vies. Mais ça, on en parle rarement. “Pas assez vendeur”, paraît-il.
Alors oui, coup de gueule ! L’information n’est pas censée être un spectacle morbide. Informer, ce n’est pas assommer. Informer, ce n’est pas terroriser. Informer, c’est donner des clés de compréhension, c’est montrer le monde dans toute sa complexité – avec ses drames, mais aussi ses victoires, ses élans, ses espoirs.
À force de nourrir la peur, on affame l’espoir. Et pourtant, l’espoir est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui.
Le 10 septembre : un mouvement citoyen récupéré
Au départ, le mouvement du 10 septembre est né spontanément sur les réseaux sociaux. Une colère populaire, brute, sans parti ni étiquette. Une envie d’en finir avec la peur et les injonctions absurdes.
Très vite, les partis politiques et les médias s’en sont emparés, chacun tentant d’y coller son discours et ses intérêts. Ce qui devait être une voix citoyenne est devenu un terrain de récupération.
Mais le cœur du message reste intact : le 10 septembre, éteignez la télé, reprenez du recul, refusez le catastrophisme permanent.

Supression de deux Jours fériés?
Cette “suppression de deux jours fériés” relève surtout du spectacle politique et médiatique, plus que d’une réforme imminente :
Une idée qui revient comme un serpent de mer
Depuis les années 2000, plusieurs gouvernements ou think tanks ont régulièrement proposé de réduire le nombre de jours fériés pour “relancer la croissance” :
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En 2004, sous Raffarin, le lundi de Pentecôte avait été transformé en “journée de solidarité”, officiellement pour financer la dépendance. Ce fut un fiasco : confusion, faible rentabilité (à peine 2 milliards d’euros de recettes par an, soit une goutte d’eau comparée au budget de la Sécu).
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Depuis, l’idée ressurgit régulièrement, mais aucun gouvernement n’a osé aller plus loin car l’attachement des Français aux jours fériés est extrêmement fort (sondages toujours massivement contre).
Un prétexte économique discutable
Les promoteurs de cette idée avancent que “travailler deux jours de plus” augmenterait mécaniquement le PIB. Mais les économistes rappellent :
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La productivité française est parmi les plus élevées au monde, malgré nos jours fériés (OCDE, Eurostat).
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Ce n’est pas le nombre de jours travaillés qui compte, mais la qualité et l’organisation du travail.
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Supprimer deux jours fériés rapporterait environ 0,1 % de croissance à court terme… insignifiant au regard des besoins financiers du pays.
Autrement dit : c’est symbolique, pas une vraie solution.
Une stratégie de la peur
En annonçant ce type de mesure, le pouvoir (ou les partis d’opposition) joue sur deux leviers :
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Terroriser les citoyens (“on va vous enlever vos jours de repos”), afin de détourner leur attention d’autres sujets sensibles (inflation, dette, réformes impopulaires).
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Tester l’opinion publique : si les Français ne réagissent pas trop fort, l’idée peut être réintroduite plus tard.
C’est donc moins une politique qu’un ballon d’essai médiatique.
Un pays sans repos est un pays malade
Les chercheurs en santé publique sont unanimes :
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Les temps de repos collectifs réduisent les risques de burn-out, améliorent la cohésion sociale, et soutiennent même la productivité à long terme.
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L’OMS a déjà alerté : le surtravail (55h/semaine et plus) augmente de 35 % le risque d’AVC et de 17 % celui de crise cardiaque.
Un pays qui réduit les respirations collectives n’est pas plus productif, il devient plus fragile, plus malade.
Conclusion : un écran de fumée
Annoncer la suppression de jours fériés n’est pas une mesure sérieuse, mais un effet d’annonce destiné à alimenter le climat anxiogène.
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Économiquement, c’est marginal.
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Politiquement, c’est un chiffon rouge agité devant les citoyens.
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Socialement, ce serait un désastre.
👉 Derrière le catastrophisme et les “menaces” médiatisées, il faut voir la stratégie : maintenir la peur pour détourner du fond.
Retraite : un système de moins en moins rentable
La retraite, pilier de la protection sociale française, est de moins en moins avantageuse pour ceux qui cotisent aujourd’hui.
Selon la DREES, la pension moyenne en France s’élève à 1 626 € brut par mois (≈ 1 512 € net). Mais le rendement s’érode :
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Générations 1950 : chaque euro cotisé rapporte environ 2,5 %,
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Générations post-1970 : à peine 1,75 %.
En clair : vous cotisez plus, pour recevoir proportionnellement moins.
Et l’argument souvent avancé — “si vous aviez placé vos cotisations, vous seriez millionnaire à la retraite” — reste théorique, mais pas absurde. Avec un rendement moyen sur 40 ans, un salarié aurait pu capitaliser plusieurs centaines de milliers d’euros.
Épargne-retraite : un outil encore marginal
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) lancé en 2019 représente déjà 108,8 milliards d’euros d’encours pour 10,4 millions de titulaires fin mars 2024. Mais seulement 25 % des actifs y ont accès, et l’épargne moyenne est modeste : environ 19 700 € par personne.
La capitalisation reste donc un outil réservé à une minorité, loin de remplacer un système collectif.
Balnéothérapie : une fausse économie
Parmi les mesures proposées par le Premier Ministre, la suppression du remboursement de la balnéothérapie. Officiellement pour économiser, mais en réalité, une vision à courte vue.
La balnéo n’est pas un luxe, mais un soin thérapeutique. Ses effets sont reconnus : soulagement des douleurs chroniques, meilleure circulation, réduction du stress et du risque d’hospitalisation. Actuellement remboursée à 60 %, sa suppression est une fausse économie : on économise à court terme, mais on creuse la dette de la santé publique à long terme.

Investissement foncier : l’indépendance comme solution
Et si la vraie alternative passait par l’autonomie ? Être propriétaire d’un lopin de terre, cultiver ses fruits et légumes, acheter local, produire sa propre énergie.
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L’agrivoltaïsme — association agriculture + panneaux solaires — permet de générer 1 000 à 5 500 € par hectare et par an, sans sacrifier l’activité agricole.
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Des modèles citoyens existent, comme Terre de Liens, qui acquiert des terres pour les louer à des agriculteurs bio, protégeant ainsi des espaces agricoles durables.
C’est une manière concrète de reprendre le contrôle de sa vie, hors du système.
Une 6ᵉ République ? Pas nécessairement
Certains appellent de leurs vœux une 6ᵉ République. Mais est-ce la solution ? Les citoyens sont désabusés par la politique qui divise : une gauche trop idéologisée, une droite trop réactionnaire, et personne pour proposer un projet concret.
Une dissolution de l’Assemblée — toujours possible — coûterait cher. Et qui paierait ? Nous. Pendant ce temps, les politiciens s’écharpent et le quotidien des Français ne change pas.
Plutôt que de réécrire une Constitution, pourquoi ne pas réécrire nos vies ? L’avenir est peut-être plus dans l’autonomie locale que dans le théâtre politique.
Et nos économies ?
Les médias annoncent parfois que nos économies pourraient “fondre”. Mais qu’en est-il vraiment ?
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Le droit de propriété protège les comptes des Français : l’État ne peut pas réquisitionner vos économies.
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Même les propositions récentes pour financer la défense via l’épargne reposent sur des placements volontaires, pas sur une saisie forcée.
La vraie question n’est donc pas : “Va-t-on me prendre mon argent ?”
Mais plutôt : “Où est-ce que je décide de le placer ?”
De plus en plus d’épargnants choisissent des investissements porteurs de sens : agriculture locale, énergies renouvelables, foncier solidaire.
Où passe notre argent ?
Pendant que les citoyens paient, les infrastructures essentielles se dégradent :
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Routes défoncées,
- Insécurité,
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Écoles en souffrance,
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Hôpitaux saturés.
Et nos milliards s’évaporent dans l’armement, les guerres commerciales, l’agroalimentaire qui empoisonne, l’industrie pharmaceutique qui entretient la dépendance, et les privilèges fiscaux des nantis.
Nous ne demandons pas la lune : juste des routes sûres, de la sécurité, des écoles qui fonctionnent et des hôpitaux qui soignent.

Le 10 septembre et après : sortir de la peur
Le 10 septembre, ne tombez pas dans le piège médiatique et politique de la peur.
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Éteignez la télé.
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Vivez votre vie.
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Reprenez le pouvoir de penser par vous-mêmes.
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Soutenez des projets locaux, utiles, concrets.
Car si la peur retient l’audience, elle ne retiendra jamais un peuple qui choisit le courage.
Et pourvu que ça dure.
Sophie Denis, en exclusivité pour le JDBN
sources: JDBN – Retraite en France – Wikipédia – Le Monde – Épargne retraite : pourquoi le PER doit encore convaincre – Institut de kinésithérapie – Balnéothérapie et remboursement – Adiam – Bienfaits de la balnéothérapie – Ferme Solaire – Revenus de l’agrivoltaïsme – Terre de Liens – Wikipédia – Boursorama – Non, l’État ne peut pas réquisitionner l’argent des Français – Europe 1 – Non, l’État ne va pas s’emparer de votre épargne pour financer l’effort de guerre – Caisse des Dépôts – Mon épargne ne dort jamais – Crédits photos: Unsplash – Depositphotos

























