✨ Édito du JDBN

Au JDBN, nous croyons profondément que la connaissance est une forme de pouvoir, et que chaque citoyen peut devenir acteur du changement.
C’est pourquoi nous choisissons de mettre en lumière des initiatives courageuses, des enquêtes rigoureuses, et des voix qui s’élèvent pour défendre le vivant.

Aujourd’hui, nous vous relayons un appel urgent de l’association BLOOM, qui révèle avec force et clarté un projet de recul climatique majeur en discussion au sein de l’Union européenne.
Un projet passé presque sous silence, mais que nous pouvons encore faire dérailler.

📣 Parce que tout n’est pas joué. Parce que notre mobilisation peut tout changer. Parce que la vérité doit circuler.

🌊 Qui est BLOOM ?

BLOOM est une association française indépendante fondée par Claire Nouvian, spécialisée dans la protection des océans et la lutte contre la pêche destructrice.
Depuis plus de 15 ans, BLOOM mène des enquêtes rigoureuses et engagées face aux lobbies industriels les plus puissants.
👉 Leur site : www.bloomassociation.org

Leur dernier message est un électrochoc. Il mérite d’être lu, partagé, et entendu.
Nous avons choisi de le reproduire ici dans son intégralité:

Texte intégral publié par l’association BLOOM

Comment nos dirigeants ont profité de l’été pour préparer l’injustifiable.

Vous avez étouffé sous la chaleur cet été ?
Vous avez regardé, médusés, l’accélération des catastrophes climatiques ?

Préparez-vous : ce n’est qu’un début.

Et cela risque même de s’aggraver en raison des décisions scandaleuses qui ont été préparées en coulisses, dans les bureaux climatisés des institutions.

Tout commence en juillet 2021.

Cela fait déjà des décennies que des rapports scientifiques alertent sur la gravité de la situation climatique et sur l’urgence d’agir pour préserver les conditions d’habitabilité de notre planète.

Le nerf du problème est connu :
la production et la consommation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui émettent des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.

Résultat ? Des températures en hausse.
Résultat ? Nos conditions de vie en péril.

Nous sommes en juillet 2021.

Dans le cadre du Pacte vert européen pour le climat, la Commission européenne propose une série de mesures pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030.

Jusqu’ici, c’est plutôt positif.

Mais la réduction de notre consommation d’énergies fossiles implique de s’attaquer à des intérêts puissants.

Parmi eux : des secteurs climaticides particulièrement polluants comme l’aviation, le transport maritime ou la pêche industrielle.

C’est ici que les lobbies entrent en scène. Pourquoi ?

Parce que ces secteurs bénéficient d’un privilège assez méconnu qu’ils veulent défendre à tout prix.

Ce privilège, c’est une exonération fiscale hallucinante : les secteurs climaticides parmi les plus polluants ne paient pas de taxe sur leur carburant.

Et dans ce domaine, les représentants de la pêche industrielle excellent.

Ils parviennent en effet à éviter systématiquement toute obligation de réduire leurs émissions de CO₂, en faisant introduire une exception pour leur secteur dans tous les textes majeurs.

Pour vous donner un ordre de grandeur :
la flotte de pêche européenne consomme plus de 2 milliards de litres de carburant par an.
C’est considérable.

En France, les navires industriels de plus de 24 mètres ne représentent que 3 % du nombre de navires.
Mais ils captent près de 47 % des subventions au carburant.

C’est une aberration écologique et une injustice sociale absolue.

Rendez-vous compte :
Pendant que vous payez des taxes sur le carburant de votre voiture, les plus grands destructeurs et les plus grands pollueurs, eux, ne sont pas taxés.

Mais heureusement, la Commission européenne dispose d’un puissant instrument pour mettre fin à ce scandale :
la révision de la Directive sur la taxation de l’énergie.

Dans le cadre de cette révision,
la Commission a proposé en juillet 2021 de supprimer l’exemption fiscale totale dont bénéficient les secteurs de l’aviation, du transport maritime et de la pêche
et d’introduire une taxation minimale
qui aurait le mérite de faire enfin contribuer les pollueurs.

C’est précisément sur ce point que la bataille fait actuellement rage. Les enjeux pour le climat et pour notre avenir sont, vous vous en doutez, gigantesques.

La taxe sur ces secteurs climaticides pourrait à la fois faire baisser la consommation d’énergie fossile tout en rapportant des dizaines de milliards d’euros par an pour financer la transition écologique du continent.

C’est une mesure indispensable si l’on veut éviter que le réchauffement climatique ne devienne hors de contrôle et pour financer des mesures pour s’adapter.

C’était sans compter le pouvoir néfaste et sans limite des lobbies : quatre ans après avoir été mise sur la table par la Commission européenne, cette taxe est aujourd’hui largement menacée.

Pourquoi ?
Parce que le Danemark — qui a pris la présidence du Conseil de l’UE au 1er juillet — est en train de défendre le pire scénario qu’on pouvait imaginer : l’interdiction de taxer – jusqu’en 2035 au moins ! – les carburants des secteurs parmi les plus polluants : aviation, transport maritime et pêche.

Cerise sur le gâteau, dans cette proposition climaticide, la Commission ne serait même pas autorisée à rouvrir les discussions sur la possibilité de taxer ces carburants avant 2035.

Autrement dit :
trop tard pour limiter les catastrophes, les incendies, les canicules.

Le retournement de situation en cours est spectaculaire : on assiste à Bruxelles à une régression sans précédent, largement initiée et soutenue par les partis d’extrême-droite.

L’abandon de cette taxe signifie le maintien des privilèges fiscaux des énergies fossiles qui sont responsables de l’accélération de la catastrophe climatique en cours et octroie une véritable incitation à polluer.

Le Danemark s’est rangé derrière la position de pays tels que Chypre, l’Italie, Malte ou la Grèce, qui bloquent toute tentative de politique ambitieuse en la matière.

Alors même que ces pays subissent actuellement et de plein fouet, les effets du dérèglement climatique, mais en refusant de s’attaquer à la source.

Alors même que le Danemark se présente comme ambitieux sur le plan climatique.

Rendez-vous compte :
au moment même où s’abattent des vagues de chaleur intenses et où se produisent des phénomènes climatiques extrêmes partout à travers le globe, des dirigeants européens défendent l’indéfendable pour préserver les intérêts des multinationales.

C’est un pur scandale.

Comment peut-on sans cesse sur-culpabiliser les citoyens et demander des « efforts » et des « éco-gestes » sans jamais vouloir toucher aux privilèges dont bénéficient les industries fossiles ?

C’est tout simplement injustifiable et inacceptable.

— Texte intégral publié par BLOOM – www.bloomassociation.org

🎣 Zoom sur la pêche industrielle : le carburant de la destruction

Alors que le secteur maritime bénéficie d’exemptions fiscales massives sur les carburants, il est important de rappeler que la pêche industrielle fait pleinement partie du problème.

🛑 Ces navires, souvent énormes et hyper-motorisés, consomment du gasoil à très bas prix, grâce à des subventions publiques et des exonérations.
Mais à quel prix pour la planète ?

  • 🚢 Chalutage de fond : destruction irréversible des écosystèmes marins

  • 🎣 Surpêche massive : épuisement dramatique des stocks de poissons

  • 🌍 Pollution directe : carburants, plastiques, microdéchets, rejets

  • Concurrence déloyale : les petits pêcheurs artisanaux peinent à survivre face à ces mastodontes

➡️ Et cette destruction est alimentée chaque jour par nos choix de consommation.
Acheter du poisson d’élevage ou issu de la pêche industrielle, c’est soutenir indirectement ces pratiques destructrices, même sans le vouloir.


🐟 Ce que nous pouvons faire, concrètement

✔️ Privilégier le poisson local, sauvage et issu de la petite pêche artisanale (marchés, AMAP, circuits courts)
✔️ Éviter les espèces issues de la pêche industrielle intensive (cabillaud, saumon d’élevage, colin, crevettes tropicales…)
✔️ Réduire sa consommation de poisson, et quand on en mange, choisir mieux, en conscience

🌱 « Mieux consommer, c’est déjà agir pour inverser la tendance. »
Chaque acte d’achat est un vote pour l’océan ou pour sa destruction.

🚢 Transport maritime : réduire en achetant local

Le transport maritime international fonctionne majoritairement au fioul lourd, un carburant extrêmement polluant. Des cargos géants sillonnent en continu les océans pour acheminer nos biens de consommation, ce qui alourdit considérablement notre empreinte carbone.

➡️ Bonne nouvelle : nous avons un levier direct. En choisissant d’acheter local, nous réduisons la demande de produits importés par cargos et contribuons à faire baisser le trafic maritime.

  • 🛒 Soutenir l’économie de proximité : producteurs, artisans et pêcheurs locaux
  • 🌱 Limiter l’empreinte transport : moins de kilomètres parcourus, moins d’émissions
  • 🔎 Gagner en qualité et traçabilité : circuits courts, saisonnalité

🌟 « Moins de kilomètres pour les marchandises, plus de valeur pour nos territoires. »

 

💪 Tout n’est pas foutu : voici ce que nous pouvons encore faire

🛑 Cette proposition destructrice n’a pas encore été adoptée.
Elle peut être bloquée si un seul pays s’y oppose.
Des États comme la France, l’Allemagne, la Belgique ou les Pays-Bas peuvent faire barrage.

Et nous, citoyens, avons notre rôle à jouer :

  • En partageant l’information

  • En soutenant les associations comme BLOOM

  • En interpellant nos élus, eurodéputés ou ministres

  • En refusant le silence complice

Chaque voix compte. Et la vôtre aussi.


📣 Vous êtes révolté·e ? Partagez. Informez. Mobilisez.

🌱 Chez JDBN, nous soutenons pleinement cet appel à la justice climatique.
Si vous pensez, comme nous, que le climat ne doit plus être sacrifié au profit des intérêts privés,
alors :

👉 Partagez cet article autour de vous
👉 Relayez le message de Bloom
👉 Transformez votre indignation en action

Parce que le silence favorise les lobbies,
et que la vérité, elle, dérange… mais elle éclaire aussi.


🖋️ Article rédigé avec admiration et reconnaissance pour le travail de BLOOM

sources: JDBN – BLOOM – Crédits photos: depositphotos – ai généré – Montage JDBN