Une publication virale affirme que pratiquer régulièrement le sauna réduirait jusqu’à 93 % des microplastiques présents dans le sang. Le chiffre impressionne et donne immédiatement envie de transpirer. Il repose pourtant sur une confusion spectaculaire entre une expérience personnelle, une température et une preuve scientifique.
Le message tient en deux phrases :
« Fais du sauna régulièrement. Réduit les microplastiques dans ton sang jusqu’à 93 %. »
Une promesse aussi précise semble forcément provenir d’une vaste étude médicale. À ce jour, aucune étude clinique publiée ne démontre que le sauna élimine 93 % des microplastiques présents dans le sang humain.
Le sauna mérite mieux que ce faux miracle. Ses véritables bienfaits sont déjà suffisamment intéressants pour éviter de lui en inventer.
D’où vient cette affirmation ?
À l’origine de cette histoire se trouve Bryan Johnson, entrepreneur américain devenu célèbre pour ses protocoles de longévité extrêmement poussés.
Après plusieurs mois de sauna sec quotidien, il a déclaré que la quantité de microplastiques mesurée dans son sang était passée d’environ 70 à 10 particules par millilitre. Cela correspond à une diminution proche de 85 %. Il a également rapporté une baisse comparable dans son sperme.
Son protocole consistait notamment à passer environ vingt minutes par jour dans un sauna chauffé à 200 °F, soit 93 °C.
Nous retrouvons donc deux chiffres :
- une baisse personnelle revendiquée d’environ 85 % ;
- une température de sauna de 93 °C.
Le fameux « 93 % » diffusé sur les réseaux pourrait provenir d’une transformation du second chiffre en pourcentage. Une température serait ainsi devenue un résultat médical au fil des publications.
Internet vient peut-être d’inventer la première étude scientifique menée par copier-coller.
Une expérience personnelle reste une expérience personnelle
Bryan Johnson a observé une baisse dans ses propres analyses. Cette donnée mérite l’attention, mais elle ne permet pas d’affirmer que le sauna en est responsable.
Son expérience concerne une seule personne. Elle ne comporte ni groupe témoin, ni protocole indépendant, ni publication évaluée par d’autres scientifiques.
Pendant la même période, l’entrepreneur a également modifié plusieurs sources potentielles d’exposition au plastique : filtration de l’eau par osmose inverse, réduction des contenants plastiques, surveillance de son alimentation et de son environnement, suppression des planches à découper en plastique ou encore vigilance accrue envers les textiles synthétiques.
Attribuer l’intégralité du résultat au sauna revient à choisir une seule pièce du puzzle et à déclarer qu’elle explique toute l’image.
Les méthodes de mesure des microplastiques dans le sang restent elles-mêmes en cours de développement. La contamination des prélèvements, le type de particules recherché et la technique utilisée peuvent fortement influencer les résultats.
Le sauna réduisant de 93 % les microplastiques présents dans le sang relève donc de l’intox.
Les microplastiques circulent-ils réellement dans notre sang ?
Oui. Sur ce point, la recherche a franchi une étape importante.
En 2022, une équipe néerlandaise a publié l’une des premières études démontrant la présence de particules plastiques dans le sang humain. Les chercheurs ont analysé les prélèvements de 22 volontaires en prenant des précautions particulières pour éviter toute contamination. Des particules ont été détectées dans 17 échantillons.
Les polymères retrouvés comprenaient notamment du PET, utilisé dans les bouteilles et certains vêtements en polyester, du polystyrène et du polyéthylène.
D’autres recherches publiées depuis ont confirmé que certaines particules plastiques peuvent pénétrer dans l’organisme et circuler par voie sanguine.
Les microplastiques ont également été repérés dans différents tissus humains. L’Organisation mondiale de la santé souligne l’augmentation des données disponibles tout en rappelant que de nombreuses questions demeurent concernant leur comportement dans l’organisme, les doses réellement dangereuses et leurs conséquences à long terme.
La présence est donc établie. La manière de les éliminer reste, elle, largement à étudier.
Peut-on vraiment transpirer du plastique ?
La confusion vient souvent du mot « détox ».
La sueur peut contenir certains éléments chimiques. Des travaux ont notamment retrouvé du bisphénol A, un composé utilisé dans la fabrication de certains plastiques, dans la sueur de participants.
Une petite étude menée auprès de vingt personnes suggérait ainsi que la transpiration pouvait participer à l’élimination de ce composé.
Mais le bisphénol A constitue une substance chimique associée aux plastiques. Ce n’est pas une particule de microplastique.
Démontrer la présence d’un composé chimique dans la sueur ne prouve donc pas que des fragments de plastique quittent massivement le sang par les pores de la peau.
À ce jour, aucune étude clinique solide ne montre qu’une fréquentation régulière du sauna permettrait d’éliminer 85 %, 93 % ou toute autre proportion précise de microplastiques sanguins.
Le sauna possède de vrais bienfaits
Démonter une promesse excessive ne retire rien à l’intérêt du sauna.
Une revue scientifique publiée en 2024 souligne que le sauna finlandais est la forme de thermothérapie passive disposant des données les plus solides. Sa pratique régulière est notamment associée à des effets favorables sur la santé cardiovasculaire.
Une vaste étude finlandaise menée auprès d’hommes suivis durant plusieurs années a observé une association entre une pratique fréquente du sauna et un risque plus faible de décès cardiovasculaire. Cette étude reste observationnelle : elle met en évidence une association sans prouver que le sauna explique seul cette réduction du risque.
La chaleur provoque une augmentation du rythme cardiaque, favorise la dilatation des vaisseaux et peut contribuer à améliorer certains marqueurs cardiovasculaires. Le sauna procure également une détente musculaire et un véritable moment de décompression.
Ces bénéfices méritent d’être présentés pour ce qu’ils sont, avec leur niveau de preuve réel.
La stratégie la plus utile commence avant l’exposition
En attendant des recherches plus solides sur l’élimination des microplastiques, la stratégie la plus accessible consiste à réduire leur entrée dans notre quotidien.
Quelques habitudes permettent de limiter certaines sources d’exposition :
- privilégier le verre ou l’inox pour conserver les aliments ;
- éviter de chauffer un repas dans un contenant en plastique ;
- remplacer les planches à découper en plastique très abîmées ;
- boire une eau correctement filtrée ;
- limiter l’eau conditionnée dans des bouteilles en plastique ;
- aérer régulièrement le logement et éliminer les poussières ;
- laver avec soin les vêtements synthétiques et privilégier les fibres naturelles lorsque cela reste possible ;
- réduire les emballages et les produits jetables.
Ces gestes n’offrent aucun pourcentage spectaculaire. Ils agissent pourtant directement sur les sources d’exposition.
Info ou intox ?
INTOX
Le sauna peut apporter plusieurs bienfaits documentés, particulièrement sur le plan cardiovasculaire et sur la détente. Une expérience personnelle menée par Bryan Johnson a également relevé une baisse importante des microplastiques mesurés dans son propre sang.
Mais cette expérience individuelle ne constitue pas une étude scientifique. Plusieurs changements ont été réalisés simultanément, le résultat annoncé avoisine 85 % et le protocole utilisait une température de 93 °C.
Le sauna à 93 °C est réel. La réduction scientifiquement démontrée de 93 % des microplastiques sanguins ne l’est pas.
Sur les réseaux sociaux, les chiffres voyagent vite. Parfois, ils changent même d’unité en chemin.
Attention : selon la loi de l’abondance, garder une bonne nouvelle pour soi pourrait bloquer votre karma. Partagez cet article… par pure prudence cosmique.
📱 Offrons au monde l’application qui fait du bien
Depuis 2014, le Journal des Bonnes Nouvelles prouve chaque jour qu’une autre information est possible.
Aujourd’hui, nous souhaitons aller encore plus loin avec une application mobile gratuite, sans violence, sans anxiété permanente, qui rassemble enfin les bonnes nouvelles du monde entier au même endroit.
Ce projet existe grâce à vous.
👉 Si vous souhaitez nous aider à lui donner vie, vous pouvez participer à notre collecte :
Je soutiens l’application du Journal des Bonnes Nouvelles
Chaque contribution, même symbolique, nous rapproche de cette belle aventure.
Merci de faire partie de celles et ceux qui choisissent de partager le positif.
🚀 Faites connaître votre entreprise, votre livre ou votre projet
Depuis plus de 12 ans, le Journal des Bonnes Nouvelles accompagne les entreprises, auteurs, associations et entrepreneurs qui souhaitent toucher une audience engagée à travers un média positif, indépendant et optimisé pour le référencement.
Notre Offre Découverte à 490 € vous permet de publier un article avec un lien vers votre site, puis de bénéficier d’une visibilité auprès de notre communauté.
👉 Vous souhaitez présenter votre projet ou découvrir nos solutions de communication ?
Contactez la rédaction du Journal des Bonnes Nouvelles
Parce que les belles initiatives méritent d’être connues.
Sources:
- Bryan Johnson, « My #1 Longevity Protocol of 2025 », Blueprint, 28 janvier 2026.
- Leslie H. A. et al., « Discovery and quantification of plastic particle pollution in human blood », Environment International, 2022.
- Leonard S. V. L. et al., « Microplastics in human blood: Polymer types, concentrations and characterisation », 2024.
- Genuis S. J. et al., « Human Excretion of Bisphenol A: Blood, Urine, and Sweat », 2011.
- Laukkanen J. A. et al., revue consacrée aux effets du sauna finlandais sur la santé, 2024.
- Organisation mondiale de la santé, rapport sur l’exposition alimentaire et respiratoire aux microplastiques, 2022.
Crédits visuels : depositphotos

















