On ne regarde plus la télé : on la subit. Et impossible d’échapper à la rengaine Comme J’aime. Des spots à la chaîne, des célébrités qui jurent que ces barquettes sont « la solution », et une promesse : maigrir sans cuisiner, sans réfléchir. Tout semble simple… jusqu’à ce qu’on soulève le couvercle.

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Des plats qui n’ont rien de vivant

Que trouve-t-on dans une barquette « Comme J’aime » ? Des plats appertisés, c’est-à-dire stérilisés à haute température pour tenir plusieurs mois hors frigo. Le processus tue microbes, mais aussi vitamines et fraîcheur. Résultat : une assiette sans microbes… et sans vraie vitalité.

La composition type en dit long. Dans un velouté de carotte : carottes déshydratées, fécules, lait en poudre, arômes. Dans une barre chocolat-coco : isolat de protéines de soja, émulsifiants, stabilisants, arômes. Dans un potage 8 légumes : amidons modifiés (E14XX). On est loin de la soupe maison qui mijote doucement.

Ces ingrédients appartiennent à la catégorie des aliments ultra-transformés (NOVA 4). L’ANSES rappelle que leur consommation régulière est associée à des risques accrus de maladies chroniques. L’étude française NutriNet-Santé (BMJ, 2019) a montré que +10 % d’ultra-transformés dans l’assiette = +12 % de risque cardiovasculaire. Aux États-Unis, le NIH a prouvé qu’un régime ultra-transformé entraîne une prise de poids en 15 jours, malgré des calories identiques à un régime classique.

En clair : ces barquettes ne nourrissent pas, elles remplissent. Elles donnent l’illusion d’équilibre, mais elles n’apportent ni vitalité, ni plaisir gustatif.

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Le prix d’une illusion

À la télévision, « Comme J’aime » insiste : « moins de 5 € le repas ». Mais une fois la publicité terminée, la note est toute autre. 60 Millions de consommateurs a calculé : environ 170 € par semaine, soit près de 24 € par jour.
La RTBF, qui a testé un mois complet, confirme : environ 500 € dépensés, seulement 2 kilos perdus, un taux de fer en baisse, et les kilos repris deux semaines après l’arrêt.

Autrement dit, la promesse du « petit prix » ressemble surtout à un effet d’optique marketing.

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Les casseroles judiciaires

À ce tableau s’ajoutent les sanctions. En 2019, l’entreprise a été condamnée pour publicité trompeuse autour de la fameuse « semaine gratuite ». En 2020, une amende de 265 000 € pour démarchage abusif est tombée, confirmée en 2025 (avec appel annoncé). Le programme accumule décidément plus de casseroles juridiques que de plats mijotés.

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La télé schizophrène

Il y a quelque chose d’assez cocasse dans ce paysage audiovisuel français. Entre deux pubs Comme J’aime, le téléspectateur voit aussi défiler les spots du gouvernement : « Mangez cinq fruits et légumes par jour », « Évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ».
Bref, l’État nous supplie de privilégier le frais et le vivant, tandis que nos écrans sont saturés de barquettes industrielles vendues comme des miracles minceur.

La télé devient alors schizophrène : d’un côté la prévention santé publique, de l’autre la glorification des plats sous vide. C’est un peu comme si, juste après un message “bougez 30 minutes par jour”, on diffusait une pub pour un canapé XXL avec fonction allonge automatique. (et c’est souvent le cas!)

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Illusion minceur, effet yo-yo

Le secret du programme ? Un apport calorique très bas (parfois sous les 1 000 kcal/jour). Oui, on maigrit vite. Mais privé de carburant, le corps se met à stocker dès qu’on remange normalement. Résultat : effet yo-yo assuré. Le seul régime qui dure, c’est celui du compte en banque.

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La vraie bonne nouvelle

Il existe une alternative, et elle ne coûte pas une blinde. C’est la cuisine vivante, celle qui sent bon dans la maison, préparée avec amour, avec des légumes de saison et des produits locaux. C’est le marché du coin, ou mieux encore, le potager si l’on a cette chance. Là, chaque bouchée apporte fibres, vitamines, saveur et énergie.

Et si l’on ne sait pas cuisiner ? Ce n’est pas une fatalité. On peut commencer par des cours de cuisine simples, ou par consulter un nutritionniste qui aidera à bâtir des repas équilibrés sans prise de tête. Car apprendre à se nourrir, c’est comme apprendre à marcher : un petit pas après l’autre, et très vite, cela devient naturel.

Ces barquettes sont mortes. La vraie nourriture, elle, respire encore : dans nos casseroles, nos marchés, nos potagers… et même dans les gestes les plus simples que l’on peut apprendre à tout âge.

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Sources : JDBN – Site officiel Comme J’aime (compositions, méthode et FAQ) – HuffPost, TF1Info – condamnation pour publicité trompeuse (2019) – L’Informé – confirmation amende démarchage téléphonique (2025) – RTBF – On a testé Comme J’aime pendant 1 mois – 60 Millions de consommateurs – coût hebdomadaire réel – ANSES – Avis 2025 sur les aliments ultra-transformés – NutriNet-Santé, BMJ 2019 – NIH, Hall et al., Cell Metabolism 2019 – crédits photos: ai généré – Depositphotos – montage jdbn – Note : Les visuels de plats présentés dans cet article sont issus du site officiel de Comme J’aime. Leur reproduction est faite uniquement dans un but illustratif, critique et journalistique, conformément au droit de citation et à l’exception de critique prévue par le Code de la propriété intellectuelle.