Du 12 au 15 octobre 2026, Cannes accueillera une nouvelle fois celles et ceux qui imaginent une grande partie des films, séries, émissions et nouveaux formats que nous découvrirons demain. Pendant quatre jours, le MIPCOM Cannes transformera le Palais des Festivals en immense laboratoire mondial du divertissement.
Netflix, YouTube, BBC Studios, Disney, Banijay, créateurs venus du numérique, producteurs, plateformes et nouvelles technologies seront au rendez-vous. Et cette édition s’annonce particulièrement passionnante parce qu’elle permettra de découvrir bien plus que les prochaines séries à succès.
Comment regarderons-nous nos programmes dans quelques années ? Les séries verticales vont-elles s’installer durablement sur nos téléphones ? Que va réellement changer l’intelligence artificielle dans la création ? Comment une histoire devient-elle un phénomène mondial ? Et pourquoi les créateurs issus de YouTube occupent-ils désormais une place aussi importante que certains studios historiques ?
Autant de sujets que le Journal des Bonnes Nouvelles ira explorer sur place, à Cannes, pour cette nouvelle édition du MIPCOM.
Netflix : les histoires locales peuvent désormais faire le tour du monde
Parmi les grandes personnalités annoncées cette année figure Bela Bajaria, Chief Content Officer de Netflix.
Elle recevra à Cannes le Variety Vanguard Award avant de participer à une conversation consacrée notamment à la stratégie internationale de Netflix et à l’avenir du streaming.
Un sujet particulièrement intéressant lorsqu’on observe la manière dont nos habitudes ont évolué.
Une série créée en Corée du Sud, en Espagne, en France ou ailleurs peut aujourd’hui se retrouver regardée quelques jours plus tard dans des dizaines de pays. Les plateformes ont ouvert une immense fenêtre sur des histoires, des acteurs, des langues et des cultures que nous n’aurions peut-être jamais découverts autrement.
Cette circulation internationale des créations sera l’un des grands sujets à suivre pendant le MIPCOM.
YouTube est en train de changer de dimension
YouTube sera également très présent à Cannes.
Pedro Pina, Vice President YouTube EMEA, interviendra lors de la journée d’ouverture, tandis que Justin Connolly, Vice President and Global Head of Media & Sports, participera lui aussi à cette édition.
Et les thèmes choisis sont révélateurs : télévision connectée, nouveaux modes de diffusion, monétisation, compréhension des audiences, intelligence artificielle, sport, créateurs et relations avec les marques.
YouTube n’est plus seulement l’endroit où l’on regarde une vidéo entre deux rendez-vous.
Des créateurs y construisent désormais de véritables studios, développent leurs propres programmes et réunissent des audiences comparables à celles de certains médias traditionnels. Dans le même temps, nous sommes de plus en plus nombreux à regarder YouTube directement… sur notre télévision.
Le petit écran et Internet se rapprochent donc à grande vitesse.
170 millions d’abonnés : quand un créateur devient un studio
L’un des exemples les plus impressionnants sera présent à Cannes.
Dhar Mann, fondateur de Dhar Mann Studios, participera à une keynote exceptionnelle aux côtés de Sean Atkins, CEO de son entreprise.
Selon les chiffres communiqués par le MIPCOM, Dhar Mann rassemble aujourd’hui plus de 170 millions d’abonnés et approche les 300 millions de vues chaque semaine.
Son activité ne ressemble d’ailleurs plus vraiment à celle que l’on associe traditionnellement à un « créateur de contenu ». Dhar Mann Studios dispose d’un studio de production de 125 000 pieds carrés à Burbank et développe des collaborations avec de grandes entreprises et plateformes internationales.
C’est l’une des transformations les plus intéressantes à observer : les créateurs deviennent producteurs, les producteurs deviennent des marques et les frontières entre télévision, streaming et réseaux sociaux disparaissent progressivement.
BBC Studios : pourquoi certaines histoires nous accompagnent-elles pendant des années ?
Doctor Who, Bluey, Dancing with the Stars…
Certaines créations traversent les années et les frontières tandis que d’autres disparaissent presque aussi vite qu’elles sont apparues.
Plusieurs dirigeants de la BBC et de BBC Studios, parmi lesquels Kate Phillips, Zai Bennett et Shelley Macintyre, viendront justement expliquer à Cannes comment une idée peut devenir un univers mondial.
Le sujet paraît très professionnel, mais il touche finalement à quelque chose que nous connaissons tous : notre attachement aux histoires et aux personnages.
Pourquoi certaines séries deviennent-elles des rendez-vous familiaux ? Pourquoi avons-nous envie de retrouver certains personnages pendant dix ou vingt ans ? Comment une histoire destinée à un pays finit-elle par parler à des millions de personnes ailleurs dans le monde ?
C’est aussi toute la magie du divertissement.
Bientôt des séries entièrement pensées pour notre téléphone ?
Voilà probablement l’une des tendances les plus étonnantes du MIPCOM 2026.
Les microdramas et les séries verticales auront cette année une place dédiée dans le programme.
Le principe : des histoires très courtes, conçues dès le départ pour être regardées verticalement sur un smartphone.
Nous connaissions déjà les vidéos courtes des réseaux sociaux. Le phénomène gagne désormais la fiction avec de véritables scénarios, des personnages récurrents, des épisodes et des plateformes spécialisées.
Cela change forcément la manière de raconter.
Lorsque l’écran devient vertical et que les épisodes durent quelques minutes, le cadrage, le rythme, les dialogues et les rebondissements doivent être pensés différemment.
Le téléphone ne sert donc plus simplement à regarder une série conçue pour un autre écran. Il devient lui-même un nouveau terrain de création.
Le créateur de CSI se lance dans le storytelling avec l’intelligence artificielle
Autre nom qui devrait attirer l’attention : Anthony E. Zuiker, créateur de la célèbre franchise CSI.
Il présentera Cinemalistics, un nouveau projet consacré au true crime et utilisant l’intelligence artificielle.
L’IA sera évidemment l’un des sujets incontournables de cette édition.
Mais plutôt que de rester dans les grandes déclarations sur ce qu’elle pourrait faire un jour, le MIPCOM permettra surtout d’observer ce que les créateurs et producteurs commencent réellement à en faire aujourd’hui.
Écriture, production, doublage, recommandations, analyse des audiences, nouveaux formats : les usages se multiplient.
Une question restera au centre de nos préoccupations : comment utiliser ces nouveaux outils sans perdre ce qui rend une histoire profondément humaine ?
Disney pense déjà aux spectateurs de demain
Avant l’ouverture officielle du MIPCOM, les 10 et 11 octobre, le MIPJUNIOR sera consacré aux programmes destinés aux enfants et aux familles.
Pour la première fois, Disney Kids & Family en sera le Presenting Partner.
Plusieurs responsables de Disney viendront notamment parler de la manière dont sont imaginées les histoires et les franchises destinées aux nouvelles générations.
Là encore, le sujet dépasse largement les dessins animés.
Les enfants ne découvrent plus leurs héros comme leurs parents ou leurs grands-parents. Télévision, plateformes, vidéos courtes et écrans mobiles coexistent désormais dans leur quotidien.
Comprendre comment ils regardent les histoires aujourd’hui permet probablement d’entrevoir comment nous consommerons tous les contenus demain.
Deux nouvelles séries présentées en première mondiale à Cannes
Le MIPCOM reste aussi l’endroit où l’on découvre de nouvelles histoires.
Deux premières mondiales sont notamment annoncées cette année.
Honey sera présentée lundi 12 octobre à 18 heures au Grand Auditorium. Produite par Sid Gentle Films et BBC Studios pour BBC iPlayer, BBC One et ZDF, cette série nous emmènera dans le Berlin-Est de 1982.
Au programme : espionnage, MI6, guerre froide et comédie noire autour d’une jeune agente confrontée à une mission particulièrement délicate.
Le lendemain, mardi 13 octobre à 18 heures, place à Queen Silvia.
La série s’inspire de l’histoire de la reine Silvia de Suède et du roi Carl XVI Gustaf. Elle remontera jusqu’aux Jeux olympiques de Munich de 1972, lorsque Silvia Sommerlath, alors jeune interprète germano-brésilienne, rencontre celui qui deviendra roi de Suède.
Alicia von Rittberg et Edvin Endre incarneront le couple.
En vingt-quatre heures, nous passerons donc de l’espionnage dans le Berlin-Est des années 1980 à une histoire d’amour royale inspirée de faits réels.
Quand les marques deviennent aussi productrices d’histoires
Autre nouveauté de cette édition : MIP BrandWorks, une initiative destinée à rapprocher davantage les marques, les créateurs et l’industrie du divertissement.
Dentsu en sera le premier Headline Partner et Meta participera également au programme annoncé.
Pourquoi est-ce intéressant ?
Parce que les marques ne veulent plus seulement apparaître quelques secondes entre deux programmes. Certaines souhaitent désormais participer directement à la création et au financement d’histoires, de documentaires, de séries ou de nouveaux formats.
Publicité et divertissement se rapprochent donc eux aussi.
Reste une question essentielle : comment financer de nouvelles créations sans transformer une bonne histoire en immense publicité ?
Voilà encore un sujet que nous suivrons avec attention.
Globo récompensé pour l’impact positif de ses contenus
Parmi toutes les annonces de cette édition, celle-ci possède évidemment une résonance particulière pour le Journal des Bonnes Nouvelles.
Le groupe brésilien Globo recevra le 2026 MIPCOM Recognition for SDG Impact, une distinction présentée en association avec les Nations unies.
Elle vient notamment reconnaître le travail mené autour de plusieurs objectifs de développement durable : égalité entre les sexes, réduction des inégalités, action climatique, paix et partenariats.
Selon les informations communiquées par le MIPCOM, Globo a également atteint en avance ses objectifs de zéro déchet envoyé en décharge et de 100 % d’électricité renouvelable.
Cette reconnaissance rappelle quelque chose d’essentiel : une histoire regardée par des millions de personnes peut faire davantage que divertir.
Elle peut faire découvrir une réalité, modifier notre regard, ouvrir une conversation, rendre visibles des solutions et parfois participer à faire évoluer les mentalités.
Films, séries et divertissement : notre indispensable dose d’évasion
Le Journal des Bonnes Nouvelles couvre le MIPCOM depuis plusieurs éditions. Films, séries, documentaires et divertissements nous font rire, réfléchir, voyager et parfois simplement décrocher du quotidien. Cette dose d’évasion fait du bien.
Cette année encore, le JDBN sera accrédité presse à Cannes pour découvrir les nouvelles histoires, les nouveaux formats et les nouvelles façons de nous divertir, rencontrer celles et ceux qui les imaginent et vous raconter ce qui mérite notre attention.
MIPCOM Cannes 2026 : les informations pratiques
Le MIPCOM Cannes 2026 se déroulera du lundi 12 au jeudi 15 octobre 2026, au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, 1 boulevard de la Croisette.
Il sera précédé par MIPJUNIOR, les 10 et 11 octobre 2026, consacré aux contenus jeunesse et famille.
Le MIPCOM est avant tout un marché international professionnel : l’accès à la majorité de ses espaces, projections et conférences est soumis à une inscription ou une accréditation.
Certaines manifestations peuvent toutefois être accessibles au public selon les modalités annoncées par les organisateurs. C’est notamment le cas annoncé pour la première mondiale de Queen Silvia, mardi 13 octobre à 18 heures au Grand Auditorium, avec sous-titres anglais et français. Les conditions d’accès étant susceptibles d’évoluer d’ici octobre, elles seront à vérifier avant de vous déplacer.
Cannes, laboratoire mondial de nos futurs écrans
Pendant quelques jours, Cannes sera le lieu où l’industrie internationale viendra présenter et vendre ses prochains programmes.
Elle deviendra un formidable observatoire de notre rapport aux histoires, aux images et à l’évasion.
Netflix, YouTube, BBC, Disney, intelligence artificielle, créateurs devenus producteurs, séries verticales, nouvelles fictions et nouveaux modes de diffusion : derrière tous ces noms se dessine finalement une question beaucoup plus simple et universelle :
Qu’allons-nous regarder demain, et surtout, comment allons-nous choisir de le regarder ?
C’est cette histoire-là que le JDBN ira chercher au MIPCOM Cannes 2026.



















