Elles sont légères, pratiques, presque incassables et nous les utilisons depuis des décennies.

Mais pour conserver nos aliments à la maison, les boîtes en plastique ont aujourd’hui une concurrente qui coche presque toutes les cases : le verre.

Et depuis que l’on sait que certains contenants plastiques peuvent libérer des micro- et nanoplastiques dans les aliments, le choix devient franchement facile.

Trois minutes au micro-ondes

En 2023, des chercheurs de l’Université du Nebraska-Lincoln ont testé différents contenants alimentaires en plastique.

Après seulement trois minutes au micro-ondes, certains ont libéré jusqu’à 4,22 millions de microplastiques et 2,11 milliards de nanoplastiques par cm² de surface plastique.

Tous les contenants ne libèrent évidemment pas ces quantités. Mais le phénomène existe et la chaleur peut fortement l’accentuer.

Voilà déjà une habitude très simple à changer : on ne réchauffe plus son déjeuner dans une boîte en plastique.

Une assiette, un bol ou une boîte en verre font exactement le même travail.

Le plastique ne reste pas seulement dans nos poubelles

Les micro- et nanoplastiques ont désormais été détectés dans différents tissus et fluides humains.

En 2024, une étude publiée dans le New England Journal of Medicine a analysé les plaques d’athérome retirées des carotides de 257 patients.

Du polyéthylène a été retrouvé dans les plaques de près de 6 patients sur 10.

Ces plaques sont les dépôts qui s’accumulent dans nos artères et participent notamment aux infarctus et aux AVC.

Pendant les 34 mois de suivi, les patients dont les plaques contenaient des micro- et nanoplastiques ont présenté un risque environ 4,5 fois plus élevé de subir un infarctus, un AVC ou de mourir.

Les chercheurs ont également observé davantage de signes d’inflammation dans les plaques concernées.

Nous n’avons peut-être pas encore toutes les réponses sur les effets à long terme des microplastiques. Mais nous en savons largement assez pour ne pas avoir envie d’en ajouter volontairement dans nos assiettes.

Et même sans micro-ondes ?

La chaleur n’est pas le seul sujet.

En 2025, une vaste analyse a rassemblé 103 études consacrées aux plastiques en contact avec les aliments : bouteilles, emballages, boîtes, gobelets, sachets, ustensiles…

Des micro- ou nanoplastiques avaient été signalés dans 579 des 600 ensembles de données recensés.

Autrement dit, le phénomène ne concerne pas uniquement la vieille boîte plastique que l’on maltraite depuis quinze ans au micro-ondes.

Pourquoi le verre gagne

Le verre a deux défauts : il est plus lourd et il peut casser.

Pour le reste, difficile de lutter.

Il ne produit pas de microplastiques, ne garde pratiquement pas les odeurs, ne se colore pas après une sauce tomate, se nettoie très facilement et peut servir pendant des années.

Il permet aussi de voir ce qu’il contient. Dans le réfrigérateur, on repère immédiatement le reste de légumes, le poulet de la veille ou les fruits déjà coupés. On oublie moins les aliments et on gaspille moins.

Et puisqu’une cuisine n’est pas un laboratoire : oui, le verre est aussi beaucoup plus joli dans le frigo.

Des bocaux et des boîtes transparentes bien rangés donnent davantage envie qu’un empilement de plastiques dépareillés dont on cherche éternellement le bon couvercle.

Faut-il bannir absolument tout plastique ?

Non. Le plastique reste pratique lorsqu’il faut du léger et de l’incassable : pique-nique, randonnée, repas d’enfant…

Le polypropylène (PP, n°5) et le polyéthylène haute densité (PEHD/HDPE, n°2) sont notamment très utilisés pour le contact alimentaire.

Mais ne cherchons pas le plastique miraculeux : aucun ne peut être présenté aujourd’hui comme garanti « zéro microplastique ».

Si vous en utilisez, choisissez un contenant prévu pour l’alimentation et remplacez les boîtes très rayées, déformées ou abîmées.

À la maison, quand le poids et la casse ne posent aucun problème, le verre reste simplement plus intéressant.

Pas besoin de tout racheter

Une partie de nos futurs contenants se trouve déjà dans nos placards.

Les pots de confiture, bocaux de légumes et autres récipients en verre peuvent accueillir riz, pâtes, lentilles, graines, fruits secs, sauces ou vinaigrettes.

Quelques boîtes hermétiques en verre suffisent ensuite pour les restes et les plats préparés.

Quant aux anciennes boîtes en plastique, inutile de les jeter : elles feront d’excellentes boîtes de rangement pour les crayons, câbles, vis, piles ou tout ce petit bazar qui traîne dans la maison.

Le choix est assez vite fait

D’un côté, un matériau léger et pratique, mais susceptible de libérer des particules dans nos aliments.

De l’autre, du verre : durable, propre, transparent, facile à laver, sans microplastiques et même plus joli.

Il ne s’agit pas de transformer sa cuisine en bunker anti-plastique.

Il s’agit simplement de regarder les deux options posées devant nous et de choisir celle dans laquelle nous préférons mettre notre nourriture.

Pour nous, ce sera du verre.

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Sources:  Environmental Science & Technology (2023) — Assessing the Release of Microplastics and Nanoplastics from Plastic Containers and Reusable Food Pouches – The New England Journal of Medicine (2024) — Microplastics and Nanoplastics in Atheromas and Cardiovascular Events –  npj Science of Food (2025) — Cartographie de 103 études sur la libération de micro- et nanoplastiques par les matériaux en contact avec les aliments – EFSA – Autorité européenne de sécurité des aliments — État des connaissances sur les microplastiques et nanoplastiques dans l’alimentation – crédit visuel: ai généré pour JDBN