Par Sophie Denis, fondatrice du Journal des Bonnes Nouvelles

Il arrive un moment où il faut arrêter de chercher une nouvelle méthode, un nouveau podcast, un nouveau livre, un nouveau rituel du matin ou une énième vidéo expliquant comment devenir « la meilleure version de soi-même ».

Parfois, on sait très bien ce qui nous ferait du bien.

On ne le fait simplement pas.

On sait qu’on devrait dormir davantage. Bouger. Manger correctement. Arrêter de passer une heure sur son téléphone avant même d’avoir posé un pied par terre. Appeler certaines personnes. En éviter d’autres. Faire ce truc que l’on repousse depuis six mois. Arrêter de nourrir des habitudes qui nous épuisent.

Alors voici une proposition qui pourrait bien vous faire un bien fou :

Pendant 100 jours, arrêtez de vouloir changer de vie. Changez quelques trucs dans celle que vous avez déjà.

Pas parfaitement. Pas religieusement. Pas avec un tableau Excel comportant 47 cases vertes et une crise existentielle au premier carré rouge.

Juste sérieusement.

Cent jours.

Et voyez ce qui se passe.

1. Foutez un peu la paix à votre corps

Commençons par l’alcool.

Pas besoin d’annoncer solennellement que vous ne boirez plus jamais une goutte jusqu’à la fin des temps. Essayez simplement de faire une vraie pause.

Quelques semaines. Un mois. Cent jours si le cœur vous en dit.

Et observez.

Votre sommeil. Votre énergie. Vos matins. Votre humeur. Votre digestion. Votre envie de sucre. Votre capacité à passer une bonne soirée sans avoir besoin de modifier chimiquement votre état pour vous détendre.

Le but n’est pas de devenir la personne pénible qui commande une eau gazeuse en expliquant pendant vingt minutes pourquoi l’alcool est le mal absolu.

Le but est beaucoup plus intéressant :

découvrir comment vous vous sentez sans lui.

2. Bougez votre cul

Marchez.

Courez.

Nagez.

Dansez dans votre salon.

Faites du yoga, du Pilates, du vélo, de la musculation, du jardinage, montez les escaliers, promenez le chien ou partez faire trois kilomètres parce que vous avez besoin de vous vider la tête.

Votre corps n’a pas besoin que vous deveniez athlète olympique.

Il a besoin de bouger.

Nous passons une quantité phénoménale de temps assis à réfléchir à la manière dont nous pourrions nous sentir mieux.

Parfois, commencer par se lever est déjà une excellente idée.

3. Mangez comme si vous aviez un minimum de respect pour vous-même

Des légumes. Des fruits. Des légumineuses. Des céréales complètes. De bonnes protéines. De l’eau. De vrais aliments.

Bref : de la nourriture.

Pas uniquement des produits dont la liste des ingrédients ressemble à la notice technique d’un lave-vaisselle.

Il ne s’agit pas de transformer chaque repas en exercice de vertu nutritionnelle. Mangez le gâteau. Prenez l’apéro. Commandez la pizza si vous en avez envie.

Mais faites en sorte que l’exception reste une exception.

Bien manger n’a rien de spectaculaire.

C’est précisément pour cela qu’on oublie parfois à quel point ça change beaucoup de choses.

4. Commencez votre journée avant qu’Internet ne la bouffe

Vous ouvrez les yeux.

Et avant même de savoir comment vous allez, vous savez déjà qu’untel est en vacances aux Maldives, que le monde va mal, que vous avez douze mails, trois messages, une facture, une polémique et quelqu’un sur Instagram qui possède des abdominaux absolument suspects à 6 h 42 du matin.

Excellent début de journée.

Essayez autre chose.

Ouvrez la fenêtre. Buvez votre café. Sortez cinq minutes. Étirez-vous. Écrivez. Respirez. Regardez le ciel.

Accordez-vous quelques minutes de votre propre vie avant d’entrer dans celle des autres.

5. Décidez enfin de ce que vous voulez vraiment

Pas ce qu’il serait raisonnable de vouloir.

Pas ce que vos parents espéraient.

Pas ce que votre entourage trouve convenable.

Pas ce qu’Instagram vous a convaincu de désirer.

Vous.

À quoi aimeriez-vous que ressemblent votre santé, votre travail, vos relations, votre maison, vos finances, vos journées ?

Soyez précis.

« Je veux être heureux » est charmant, mais difficile à mettre dans un agenda.

« Je veux travailler quatre jours par semaine », « je veux dîner avec mes enfants sans téléphone », « je veux vivre près de la mer », « je veux écrire un livre », « je veux sortir de cette relation », « je veux gagner tant par mois » : là, on commence à avoir quelque chose avec quoi travailler.

6. Faites quelque chose. Même imparfaitement.

Réfléchir donne parfois l’impression d’avancer.

Faire des recherches aussi.

Parler de son projet également.

Acheter un magnifique carnet pour organiser son projet procure même une sensation étonnamment proche du travail.

Malheureusement, à un moment, il faut faire le truc.

Envoyer le mail.

Passer l’appel.

Créer la page.

Prendre le rendez-vous.

Écrire le premier paragraphe.

Postuler.

Dire oui.

Dire non.

Commencez mal s’il le faut.

Mais commencez.

7. Apprenez un truc, bordel

Votre cerveau adore la nouveauté.

Alors donnez-lui autre chose que trois heures de vidéos courtes montrant des inconnus ranger leur frigo par couleur.

Lisez.

Écoutez quelqu’un qui sait quelque chose que vous ignorez.

Apprenez dix mots d’espagnol. Faites de la poterie. Comprenez enfin comment fonctionne votre épargne. Apprenez à reconnaître les constellations. Suivez un cours. Découvrez un auteur.

Vous n’avez même pas besoin que cela « serve ».

La curiosité est déjà une excellente raison.

8. Regardez aussi ce qui va bien

Votre cerveau n’a généralement besoin d’aucune assistance pour repérer ce qui merde.

Le train en retard ? Repéré.

Le message désagréable ? Mémorisé.

La remarque vexante faite en 2009 ? Disponible immédiatement dans les archives.

En revanche, la personne adorable rencontrée ce matin, le déjeuner délicieux, le rayon de soleil, le travail terminé, le fou rire, le problème finalement résolu…

Ça passe parfois beaucoup plus vite.

Alors entraînez-vous à le remarquer.

Pas pour devenir béatement positif.

Pour arrêter de laisser les emmerdes monopoliser tout l’écran.

9. Soyez sympa. Ça ne coûte presque rien.

Envoyez le message.

Faites le compliment.

Tenez la porte.

Appelez cette personne à laquelle vous pensez depuis trois semaines.

Encouragez quelqu’un.

Aidez.

Remerciez.

Rendez service sans immédiatement calculer ce que cela pourra vous rapporter.

La gentillesse a un avantage extraordinaire : elle fait généralement du bien aux deux côtés de la transaction.

Et accessoirement, le monde compte déjà suffisamment de gens désagréables.

Inutile de renforcer l’équipe.

10. Gardez les preuves que vous avancez

Votre mémoire possède parfois un sens de l’humour assez particulier.

Elle peut conserver intacte une humiliation vécue au collège et oublier tranquillement les vingt choses courageuses que vous avez faites depuis janvier.

Alors gardez des traces.

Notez les décisions dont vous êtes fier.

Les limites que vous avez posées.

Les conversations difficiles que vous avez enfin eues.

Les petites victoires.

Les moments où vous avez réagi autrement qu’avant.

Les choses que vous avez terminées.

Un jour où vous aurez l’impression de n’avoir absolument rien accompli, ouvrez les archives.

11. Arrêtez de vous raconter des salades

Nous avons tous nos petits mécanismes préférés.

Scroller pendant une heure.

Procrastiner.

Manger sans faim.

Boire pour décompresser.

Dire oui alors qu’on pense non.

Éviter une conversation.

Se convaincre qu’on commencera lundi.

Avant de vouloir supprimer une habitude, regardez ce qui se passe juste avant.

Ennui ? Stress ? Peur ? Fatigue ? Solitude ? Besoin d’être rassuré ?

Nos comportements les plus agaçants essaient parfois simplement de résoudre un problème avec une méthode franchement médiocre.

Comprendre lequel change déjà beaucoup de choses.

12. Ne facilitez pas la vie à vos mauvaises habitudes

Vous voulez moins regarder votre téléphone ?

Ne dormez peut-être pas avec lui à huit centimètres du nez.

Vous voulez manger davantage de fruits ?

Achetez-en.

Vous voulez lire ?

Posez un livre à l’endroit où vous vous asseyez le soir.

Vous voulez arrêter de grignoter des biscuits à 23 heures ?

Évitez peut-être d’avoir un stock capable de nourrir une colonie de vacances dans le placard.

La volonté est formidable.

Un environnement bien foutu est souvent beaucoup plus efficace.

Rendez les bonnes décisions faciles et les mauvaises légèrement plus pénibles.

13. Ressentez avant de vouloir tout réparer

Une contrariété arrive et nous voulons immédiatement la faire disparaître.

Téléphone. Nourriture. Travail. Alcool. Série. Shopping. Colère. Fuite.

Essayez parfois quelque chose de révolutionnaire :

ne faites rien pendant cinq minutes.

Soyez contrarié.

Soyez triste.

Soyez déçu.

Soyez en colère.

Une émotion n’est pas nécessairement une panne à réparer.

Elle peut traverser la pièce sans que vous soyez obligé de lui louer un appartement.

14. Faites le point avant d’aller dormir

Pas un bilan de performance.

Pas une réunion avec vous-même.

Trois minutes.

Qu’est-ce qui était bien aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui était franchement nul ?

Qu’ai-je appris ?

Qu’est-ce que j’aimerais faire différemment demain ?

C’est tout.

Vous n’avez pas besoin de transformer votre table de nuit en laboratoire de développement personnel.

Simplement de regarder votre journée avant qu’elle disparaisse dans les 12 000 autres que vous avez déjà vécues.

15. Fréquentez des gens qui vous tirent vers le haut

Certaines personnes vous donnent envie d’oser.

D’autres vous donnent envie de rentrer chez vous et de vous coucher.

Ce n’est pas toujours leur faute.

Mais c’est une information.

Passez davantage de temps avec les gens qui créent, entreprennent, apprennent, rient, avancent, encouragent, proposent, partagent.

Ceux devant lesquels vos excuses commencent soudainement à vous sembler un peu bancales.

Notre entourage finit par modifier ce que nous considérons comme normal, possible ou complètement fou.

Choisissez bien votre normalité.

16. Regardez les faits plutôt que votre humeur du jour

« Je n’avance pas. »

Vraiment ?

Regardez.

Combien de fois avez-vous marché cette semaine ?

Combien de nuits avez-vous correctement dormi ?

Combien de jours sans alcool ?

Combien de pages écrites ?

Combien d’argent économisé ?

Combien de fois avez-vous tenu cette nouvelle habitude ?

Pas besoin de devenir obsédé par les chiffres.

Mais lorsque votre cerveau vous raconte que « rien ne change », quelques faits peuvent être particulièrement utiles.

Et parfois, surprise :

vous allez beaucoup mieux que vous ne le pensiez.

17. Envoyez chier la perfection. Continuez.

Voilà probablement la règle la plus importante.

Vous allez rater un jour.

Peut-être une semaine.

Vous allez manger n’importe quoi, abandonner votre routine, passer votre dimanche sur le canapé, reprendre une vieille habitude et vous demander pourquoi vous vous étiez lancé là-dedans.

Très bien.

Revenez.

C’est tout.

Vous n’avez pas « tout gâché ».

Vous êtes simplement un être humain qui essaie de modifier quelques habitudes au milieu d’une vie qui, elle, continue.

La constance n’est pas l’absence d’écarts. C’est la capacité à revenir.

Et maintenant, 100 jours

Vous pourriez commencer demain.

Mais puisque nous sommes précisément en train de parler de procrastination, aujourd’hui serait assez drôle.

Choisissez trois choses dans cette liste.

Pas dix-sept.

Trois.

Faites-les pendant quelques jours. Puis ajoutez-en une autre si cela vous semble juste.

L’objectif n’est pas de devenir une machine à boire de l’eau, méditer à l’aube, courir dix kilomètres et remercier l’Univers avant 7 heures du matin.

L’objectif est beaucoup plus simple.

Dans cent jours, regardez derrière vous et demandez-vous :

Est-ce que ma vie va un peu mieux parce que j’ai commencé à mieux m’en occuper ?

Si la réponse est oui, même légèrement, vous aurez déjà gagné quelque chose.

Et si vous vous plantez en cours de route ?

Relisez le numéro 17.

Puis continuez.

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Sources:  The Booze Free Bitch – Instagram (@theboozefreebitch) : carrousel « 17 Things I’d Do for the Next 100 Days », août 2026. Inspiration du concept des 17 actions sur 100 jours. Article entièrement réécrit et adapté par la rédaction du JDBN – Crédits visuels: ai généré pour le JDBN