« Voici l’ensemble de mes vêtements : 4 t-shirts, 4 paires de chaussettes, 3 chemises et 5 paires de chaussures. A la base, il devait y avoir environ 150 objets, tout compris, dans l’appartement où je vis. Un ami les a comptés pour moi. Je crois qu’aujourd’hui, j’en ai un peu plus, peut être 200 en tout. »

Lui, c’est Fumio Sasaki. Il habite au Japon et a choisi d’adopter un style de vie minimaliste, à l’instar de quelques compatriotes.

« Le minimalisme, je ne savais pas du tout ce que c’était. Alors j’ai fait des recherches sur internet. Ce que j’ai trouvé, ce sont des images de gens qui voyagent aux quatre coins du monde avec un petit sac à dos pour seul bagage. J’ai trouvé cette liberté et cette légèreté très inspirantes. Et c’est comme ça que je suis devenu minimaliste à mon tour. Avant, je buvais jusqu’à des heures indues, je me levais tard. Ma chambre était remplie de trucs divers. Il y avait des livres partout, j’avais du mal à faire le ménage… J’allais travailler et je me dégoûtais. J’avais un mode de vie vraiment pas très sain… J’ai vendu tous mes livres chez des bouquinistes. Je me suis aussi débarrassé de toute ma collection de cd et dvd. Et puis j’ai donné des trucs à des gens que ça intéressait. J’ai numérisé les lettres que j’avais reçues et mes photos. Ca m’a pris environ un an pour faire tout ça. »

Aujourd’hui, Sasaki vit dans un appartement de 20m². Il choisit rigoureusement les objets qui entrent chez lui.

« Je n’utilise plus de serviettes de toilette. La fréquence des lessives a carrément baissé ! J’utilise le même produit pour le linge, la vaisselle et faire ma toilette. »

Faire le ménage n’est plus une corvée. Il lui faut moins de deux minutes pour nettoyer son appartement de fond en comble ! Mais inviter des gens chez lui pose un problème…

« Je ne peux pas vraiment recevoir du monde chez moi. Ils sont les bienvenus, bien sûr, mais il faut qu’ils soient à l’aise avec mon style de vie. On peut parler ensemble, je peux leur servir un verre d’eau. Je leur demande juste d’apporter un gobelet. Et après ils peuvent boire tout ce qu’ils veulent ! Evidemment, il y a toujours plein de choses qui m’intéressent et dont j’ai envie. Mais l’avantage d’avoir peu de choses dépasse largement le besoin de posséder. Au lieu de passer du temps à faire du shopping, d’utiliser ou de m’occuper de l’entretien de toutes ces choses, je peux profiter de tout ce temps pour faire ce que j’aime : voyager, partager un repas avec mes amis, me balader, faire du camping, de la randonnée. Je passe plus de temps à faire des choses que j’aime vraiment. Les gens ont du mal à comprendre que l’on n’est pas obligé de rester enfermé chez soi 24 heures sur 24 ! Il est bien plus facile pour moi de sortir quand je veux ! Au fur et à mesure où l’on réduit le nombre d’objets que l’on possède, on choisit ceux que l’on garde avec soin, et j’ai l’impression de bien mieux me comprendre, en fait : quelles sont les valeurs qui me tiennent à cœur, par exemple. Et je crois que c’est ça, l’essence du minimalisme. »

La vidéo:

Pour aller plus loin, le JDBN vous recommande:

Traduit par Géraldine Guillier, en exclusivité pour le JDBN

 Capture d’écran 2016-09-04 à 10.54.26

Géraldine exerce la profession de professeur d’anglais depuis 17 ans.

C’est une couverture car en réalité, elle est passionnée de mots, français et anglais.

Elle en lit, en écrit, en traduit et passe une grande partie de son temps à essayer de

les faire swinguer à l’aide de son stylo.

Elle aime avoir les mains dans l’essence de térébenthine, les gravures de mode des

années 20, les cheveux de son fils ou les poils de sa chienne et de son chat.

 

MA CONTRIBUTION AU JDBN

Je suis très fière d’apporter par la traduction un coup de main au JDBN, qui a

le courage de nous montrer l’existence par le versant ensoleillé.

C’est une belle et élégante démarche.

« Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle».