Outre la Toussaint, le 1er novembre est également connu pour être la journée mondiale des véganes. Un événement hautement symbolique dans la région qui, malgré une consommation de viande importante, compte de plus en plus d’adeptes de la cuisine végétale dans ses rangs.

 

Et la région où l’on consomme le plus de viande est… le Nord. Un constat qui, selon l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, ne serait pas sans rapport avec les taux de production qui « situent souvent la région au-dessus de la moyenne nationale ». Autrement dit, chez nous, on produit et on consomme beaucoup (trop ?) de viande. Pour autant, il semblerait que des villes peuplées d’irréductibles « Ch’tis végétariens » résistent encore et toujours à l’envahisseur… Ainsi, si l’on s’en réfère aux statistiques des moteurs de recherche, Lille serait considérée comme la 10e ville la plus végétarienne de France.

 

Certains, comme Vivian, 32 ans, y voient là une sorte d’incompatibilité. « Dans le Nord, on trouve du steak dans toutes les assiettes, c’est fou ! » Fraîchement converti au végétarisme – il y a un peu moins d’un an – le Parisien d’origine rencontre également des difficultés au moment de faire ses courses. « C’est sûr, la région est très en retard en matière de produits végétariens et/ou végétaliens. Les points de vente sont rares, même s’ils se développent de plus en plus. »

 

De son côté, Amandine, végane, a choisi de prendre le problème à bras-le-corps. « Si les produits ne viennent pas à nous, à nous d’aller vers eux », décrète cette ancienne esthéticienne devenue commerçante. Parce que « chez les Leclercq, l’amour des animaux ça se transmet des parents aux enfants », la jeune Hémoise de 24ans a suivi son père dans une aventure peu banale : l’ouverture, en mars, d’une boutique 100 % végétale. « Et ça cartonne ! » Plus de 3 500 fans sur la page Facebook et un flot continu de clients en magasin.

 

Les restaurants aussi

De retour chez elle, Amandine jette un coup d’œil gourmand au frigo. Faux-mage, faux-gras… Autant de produits de substitution « d’origine végétale certes, mais aussi goûtus que les vrais ». Sur l’étagère, un livre de recettes ch’tis… façon végane ! « Pour la plupart des gens, ne pas manger de viande signifie qu’on ne peut manger que des graines. C’est faux ! »

 

Certains restaurants incluent d’ailleurs de plus en plus de repas sans viande et/ou sans poisson dans leur carte, notamment à Roubaix et à Lomme. Une tendance qui, selon Christine, devrait bientôt se généraliser. « Dans la région, nous sommes nombreux à bannir définitivement certains aliments de notre assiette, ou à nous diriger vers d’autres horizons culinaires », indique la maman d’Amandine. Quoi qu’il en soit, les deux femmes en sont persuadées : « Être végétalien et/ou végétarien dans la région, c’est possible. Mieux encore : c’est très bon ! »

 

Les bénéfices, de l’assiette à la santé

Dans la grande région, Séverine Sénéchal est comme qui dirait « unique en son genre ». Titulaire d’un BTS diététique, la jeune femme s’est installée rue des 4-Lemaire à Amiens il y a maintenant dix ans en tant que diététicienne spécialisée dans le végétarisme. « C’est une tendance dont on ne nous parle pas vraiment lors de nos études. De ce fait, on est enclin à croire que ce n’est pas intéressant au niveau de la santé. Or, ça l’est. » Selon elle, les végétariens seraient ainsi en meilleure santé que les personnes consommant de la viande. Mieux encore, ils seraient moins nombreux à souffrir d’obésité et vivraient plus vieux que le reste de la population. « Des études estiment que les végétariens et végétaliens vivent en moyenne 3,6 ans de plus que le reste de la population », précise-t-elle sur son site Internet.

 

Si les produits carnés et les poissons apportent à l’organisme des nutriments importants, la diététicienne affirme que ces derniers sont aussi présents dans d’autres catégories d’aliments. « Le tout est de bien composer son assiette en répartissant équitablement les vitamines, par exemple. C’est la composition qui va permettre d’éviter les carences. » Toutefois, en cas de soupçons, des tests sanguins peuvent être réalisés de façon régulière, afin de se rassurer.

 

De même, une alimentation végétalienne permettrait de limiter les risques d’apparition du cancer. Les problèmes cardiovasculaires, le cholestérol, le diabète et l’hypertension seraient également moins présents. « Mais à chacun de trouver l’alimentation qui lui convient le mieux. »

 

Infos sur www.dieteticienne-amiens.fr

 

Végétarien, végétalien ou végane?

 

Un végétarien exclut de son alimentation toute chair animale ; c’est-à-dire qu’il ne consomme ni viandes, ni poissons, ni fruits de mer.

 

Un végétalien ne consomme que des aliments issus du monde végétal. Il rejette donc les viandes, les poissons et les fruits de mer mais également les produits laitiers, les œufs et tout autre produit d’origine animale comme le miel, par exemple.

 

Un végane est un végétalien qui n’utilise aucun produit animal dans sa vie. Plus qu’une alimentation, il s’agit d’une façon de vivre et d’un mode de consommation qui cherche à exclure l’exploitation, la souffrance et la cruauté envers les animaux et ce, dans tous les domaines : vêtements, produits de beauté…

 

source: http://www.lavoixdunord.fr – crédit photo: caopture