Bill Gates, c’est un peu comme le logiciel qu’on n’arrive pas à désinstaller : il finit toujours par nous rattraper. À croire qu’il a trouvé une nouvelle mise à jour… celle de notre patience.
Entre ses financements dans l’agriculture industrielle — parfois critiquée pour encourager les semences hybrides, les engrais chimiques ou des revêtements alimentaires polémiques comme Apeel — et les décisions de Microsoft qui poussent à la consommation, le sentiment d’“obsolescence forcée” grandit. La dernière en date : la fin du support gratuit de Windows 10, qui menace 400 millions de PC encore en état de marche de finir à la poubelle.
Un tournant pour 400 millions de PC
Le 14 octobre 2025, Microsoft cessera officiellement d’assurer gratuitement les mises à jour de son logiciel Windows 10, lancé en 2015.
Pour continuer de recevoir des correctifs de sécurité, deux solutions “officielles” sont proposées :
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payer un abonnement annuel d’environ 26 € via le programme Extended Security Updates (ESU),
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ou acheter un nouvel ordinateur compatible avec Windows 11.
Le problème ? Près de 400 millions d’ordinateurs dans le monde ne sont pas compatibles avec Windows 11, selon l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP). En France, cela concernerait 22 % des machines encore en service. Leur remplacement générerait 800 000 tonnes de déchets électroniques, 320 millions de tonnes de matières premières extraites et 70 millions de tonnes de CO2 – soit l’équivalent de 32 000 tours Eiffel en poids de ressources.

Une décision dénoncée par les ONG
Face à ce risque d’obsolescence massive, 23 organisations dont France Nature Environnement, UFC-Que Choisir, HOP, Zero Waste France ou encore les Amis de la Terre, ont lancé une pétition en ligne : “Non à la taxe Windows”.
Elles dénoncent une décision « injuste » qui pèse sur les ménages modestes, mais aussi sur les hôpitaux, administrations publiques et entreprises. Comme le souligne Flavie Vonderscher, responsable plaidoyer chez HOP, « nous avons vu par le passé qu’il était possible de faire plier Microsoft France ». En décembre 2023, sous la pression citoyenne, Microsoft avait déjà prolongé le support de Windows 10.

Alternatives plus écologiques et économiques
Pistes concrètes pour particuliers, administrations et petites entreprises — rester en sécurité sans payer chaque année ni racheter un PC complet.
💡 Astuce JDBN : commencez par un diagnostic express — vérifier compatibilité Windows 11, estimer le coût ESU, tester une clé USB Linux “live”, et planifier une mise à niveau SSD/RAM. Dans 70 % des cas, cela évite l’achat d’un PC neuf.
Des alternatives écologiques et économiques
Bonne nouvelle : il existe d’autres solutions que de payer ou de jeter son ordinateur. Voici un panorama des options les plus durables.
1. Prolonger la durée de vie avec l’ESU
Le programme Extended Security Updates permet de continuer à recevoir des correctifs de sécurité jusqu’en octobre 2026.
👉 Avantage : solution simple, sans changer d’habitudes.
👉 Limite : ce n’est qu’un sursis ; au-delà, il faudra migrer.
2. Migrer vers Linux et les logiciels libres
Installer un système open-source comme Linux Mint, Ubuntu ou Debian prolonge la vie des machines, même anciennes.
👉 Avantage : gratuit, sécurisé, mises à jour régulières, communauté active.
👉 Limite : demande un petit temps d’adaptation, surtout pour les habitués de Windows.
3. Optimiser et réparer son PC
Changer un disque dur par un SSD, ajouter de la mémoire vive ou nettoyer physiquement l’ordinateur peut lui offrir plusieurs années supplémentaires.
👉 Avantage : coût modéré, impact écologique minimal.
👉 Limite : nécessite parfois un technicien.
4. Choisir le reconditionné ou le modulaire
Si un remplacement est inévitable, privilégier un ordinateur reconditionné ou une machine modulaire et réparable(Framework, Fairphone pour les smartphones, etc.) limite l’extraction de nouvelles ressources.
👉 Avantage : jusqu’à 70 % d’empreinte carbone en moins qu’un PC neuf.
👉 Limite : attention à la qualité du reconditionnement.
5. Penser au cloud et à la virtualisation
Des services comme Shadow ou Microsoft Azure Virtual Desktop permettent d’utiliser un PC ancien comme simple terminal, la puissance venant du cloud.
👉 Avantage : aucun achat de matériel puissant.
👉 Limite : dépend d’une bonne connexion Internet et pose la question de l’empreinte énergétique des serveurs.

Un enjeu citoyen et politique
Le débat dépasse la seule question technique.
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Pour les citoyens, il s’agit de défendre le droit à utiliser son matériel aussi longtemps qu’il fonctionne.
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Pour les pouvoirs publics, l’occasion est là d’imposer des normes de durée minimale de support logiciel et de soutenir la réparation et le reconditionné.
Comme le rappellent les associations, la mobilisation fonctionne : la pétition de 2023 avait poussé Microsoft à prolonger ses mises à jour. Aujourd’hui, un engagement massif pourrait à nouveau faire évoluer la situation.
💡 Alternatives plus écologiques et économiques
En conclusion
Le 14 octobre 2025 marque un tournant : Microsoft met fin au support gratuit de Windows 10, mais cela ne doit pas se traduire par une vague d’ordinateurs jetés.
Des alternatives existent : prolonger avec l’ESU, passer à Linux, réparer, acheter reconditionné, utiliser le cloud.
En choisissant des solutions durables et économiques, nous pouvons réduire l’impact écologique, éviter des dépenses inutiles… et envoyer un signal fort à l’industrie : l’obsolescence programmée n’est pas une fatalité.
👉 Vous pouvez agir en signant la pétition : halteobsolescence.org/petitions/non-a-la-taxe-windows

Sources : JDBN – Microsoft – Fin du support de Windows 10 – Microsoft Learn – Extended Security Updates – Halte à l’Obsolescence Programmée – pétition – Vert – média écolo indépendant – Crédits photos: DepositPhotos

















