Signé en 2006 sous l’impulsion royale, le projet de Zenata Eco-City ne relève ni d’un effet d’annonce récent ni d’une inauguration spectaculaire.
Il s’agit d’un chantier urbain de très long terme, pensé pour répondre à la croissance de la région de Casablanca tout en expérimentant une autre manière de faire la ville.
Près de vingt ans plus tard, en 2025, Zenata n’est pas une ville achevée, mais une ville en devenir, progressivement habitée, équipée et évaluée à l’aune de ses usages réels. Sa reconnaissance comme première ville africaine labellisée ECO-CITY marque une étape importante, sans pour autant clore le projet.
Un projet lancé en 2006, déployé par étapes
Le protocole fondateur de Zenata a été signé en 2006, avec l’objectif de créer une ville nouvelle capable d’accueillir à terme plusieurs centaines de milliers d’habitants, tout en limitant les erreurs classiques de l’urbanisation rapide.
Les travaux structurants ont réellement commencé à partir de 2016, avec un plan urbain organisé en phases successives : logements, transports, équipements publics, espaces verts et zones économiques.
Cette approche progressive permet d’ajuster le projet au fil du temps, plutôt que d’imposer un modèle figé.
Où en est Zenata en 2025 ?
En 2025, Zenata est partiellement habitée.
Plusieurs programmes résidentiels sont livrés et occupés, tandis que d’autres sont encore en développement. Des équipements essentiels — commerces de proximité, services publics, infrastructures de santé et d’éducation — sont en cours de déploiement, certains devant ouvrir ou se renforcer dans les prochaines années.
La ville reste encore loin de sa capacité cible, estimée à environ 300 000 habitants à l’horizon 2030, mais elle commence à exister comme espace de vie réel, et non plus seulement comme projet sur plan.
Le label ECO-CITY : une reconnaissance, pas une ligne d’arrivée
Zenata a obtenu le label de performance ECO-CITY, reconnu à l’échelle internationale et attribué notamment dans le cadre des engagements environnementaux présentés lors de la COP22 à Marrakech.
Ce label distingue :
-
une conception urbaine sobre,
-
une attention portée à la mobilité durable,
-
une gestion raisonnée des ressources,
-
et une volonté d’intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dès la conception.
Mais il ne garantit pas, à lui seul, la réussite du projet.
Une ville labellisée reste une ville à faire vivre.
Une écologie pensée pour les usages quotidiens
L’ambition de Zenata n’est pas de devenir une vitrine écologique, mais de proposer un cadre de vie praticable au quotidien :
-
pouvoir se déplacer sans dépendre systématiquement de la voiture,
-
accéder à des services de proximité,
-
utiliser réellement les espaces publics,
-
habiter une ville pensée à l’échelle humaine.
C’est sur ces usages concrets, et non sur les discours, que Zenata sera jugée dans les années à venir.
Des défis encore bien réels
Plusieurs observateurs soulignent que :
-
la dynamique démographique reste progressive,
-
l’animation économique et la création d’emplois doivent encore s’intensifier,
-
l’appropriation sociale de la ville est un enjeu clé.
Ces défis ne sont pas des échecs, mais des réalités classiques pour toute ville nouvelle, surtout lorsqu’elle cherche à concilier durabilité, accessibilité et inclusion.
La bonne nouvelle
Zenata ne promet pas une ville parfaite.
Elle propose un cadre évolutif, pensé sur le long terme, capable de s’adapter aux usages réels de ses habitants plutôt que de leur imposer un modèle idéalisé.
En 2025, le véritable enjeu n’est plus le label ni le plan initial, mais la question essentielle :
comment les habitants vont-ils s’approprier cette ville, la faire vivre et la transformer ?
Car au fond, une ville durable n’est pas celle qui se proclame exemplaire, mais celle qui permet à ses habitants de vivre mieux, plus simplement, et plus collectivement.
Sources: JDBN – Zenata Eco-City (site officiel) – Agence d’Aménagement de Zenata – presse marocaine spécialisée en urbanisme – Arab Urban Development Institute – New Cities Atlas – rapports sur les villes durables en Afrique – Crédit visuel : JDBN ai généré

















