Question à laquelle il est difficile de répondre. J’ai retourné cette question dans ma tête pendant la nuit manifestement car je me suis réveillée avec ce sujet en tête.

Hier en effet, je ne m’attendais pas à entendre une réflexion choquante à l’écoute d’un webinaire qui parlait spiritualité pour être général. Je ne désire en aucun cas permettre une identification de mes propos car l’idée n’est pas de pointer du doigt des personnes, mais bien de vous partager une tendance de désinvolture et de non-respect qui tend à se généraliser.

Cette personne qui donnait le webinaire, une scientifique qui parlait spiritualité, partage l’idée à un moment donné que ce n’est pas parce que l’on est spirituel que l’on ne peut pas se “laisser aller”, blaguer. Et il illustre ça par le fait qu’il lui arrive de prendre les places de stationnement pour personne à mobilité réduite, amusé par la lecture du panneau “Si tu prends ma place, prends mon handicap”, du style cause toujours tu m’intéresses….

J’étais choquée! Le webinaire était regardé par plus de 200 personnes. Il bénéficiait d’une certaine aura de part le fait qu’il avait écrit un livre sur un sujet qui intéressait beaucoup de personnes. Son statut professionnel aussi.
Je ne voulais pas porter atteinte à l’organisateur dudit webinaire mais je devais aussi me respecter, respecter la force qui montait en moi, mon besoin de ne pas me taire.

C’était trop important. Les personnes à mobilité réduite et spécialement les personnes en chaise roulante sont bloquées si elles ne trouvent pas d’emplacement suffisamment large que pour sortir la chaise sur le côté.
En ce qui me concerne, je dois ouvrir ma portière entièrement pour déployer le marche pieds qui me permet de monter et descendre de ma voiture. Quand ce n’est pas possible, j’utilise une solution que j’ai trouvée mais qui me demande bien plus d’énergie encore, d’efforts.

Combien de fois les personnes n’ont pas entendu: je n’en ai que pour 2 minutes. Mais quand on arrive en voiture et que toutes les places sont prises, on ne sait pas après combien de temps une des places va être libérées. Et sans possibilité de sortir de la voiture, pas de possibilité non plus de participer à la vie sociale.

Je ne pouvais laisser passer cela dans cette tendance du moment où les pays comme la France, la Belgique font marche arrière. Des acquis qui disparaissent, l’accès aux logement, en milieu du travail, dans les commerces de moins en moins pris en compte… Il n’y a pas de lois, uniquement des Règlements, comme des bonnes pratiques à respecter normalement… Normalement…

J’ai une amie en chaise roulant en Israël qui a créé un groupe Facebook rien que sur des photos des infractions des personnes valides qui prennent les places de stationnement pour PMR ou qui se garent sur l’espace hachuré qui jouxte une place qui permet le déploiement d’une plateforme pour la chaise par exemple. Je suis sidérée de voir la désinvolture des personnes là-bas…

Mais revenons au webinaire.
Une dame qui connaissait la personne invitée dans le webinaire a répondu par un commentaire au mien, disant que celle-ci blaguait, que c’était son humour bien spécifique d’une région de France. J’ai répondu que j’étais quelqu’un avec plein d’humour belge mais que pour le coup, ce que cette personne avait dit était irresponsable, absolument pas risible.

J’ai vite fermé court à la discussion volontairement parce que je ne voulais pas mettre mal à l’aise la personne organisatrice du webinaire que j’apprécie du reste.

Et puis je me connais. Je sais que j’ai une force en moi incroyable que je dompte mais que si on presse sur un certain bouton, que je ressens une injustice profonde, une énergie nucléaire émane de moi. Tel le scientifique de la série TV Hulk (années 70-80) qui se transforme en une sorte de colosse vert lorsqu’il est en proie à une certaine intensité émotionnelle.

C’est plus qu’un film, je l’ai vécu personnellement lors de mon séjour au centre hélio marin de Roscoff. Je relate cette anecdote dans “Nos différences sont richesse – Libre d’être qui nous sommes”. Je ne m’étais pas transformée en colosse vert mais j’avais réalisé un exploit incroyable et jamais réitéré en salle de rééducation. Je n’ai que très peu de souvenir, comme baignée alors dans un état second. Mon amie présente dans la salle m’a bien confirmé les faits. Elle n’en croyait pas ses yeux…

Alors, j’écris, j’écris pour expulser la frustration en moi, le souvenir de la bêtise humaine, son manque de bienveillance, cette dichotomie souvent entre un rôle qu’une personne joue (ici un scientifique approchant la spiritualité) et la personne en dehors de ce rôle…

L’authenticité n’est atteinte quand ce que l’on prétend être s’incarne dans tous les faits et gestes, se reflète dans nos pensées, nos paroles …. Ce que l’on est au plus profond de soi se vit mais ne se joue pas. Il s’incarne, il fait partie de soi. Manifestement, la personne interviewée n’était pas arrivée encore à ce degré de maturité…

Pour terminer sur une note d’humour, et en l’honneur de ma grand-mère, je vous livre une expression qui était bien à elle à propos de “rire”:

“Il y a rire et rire. Mais mais pisser su m’tiête et dire qu’il pleut, c’est nin rire.” (Wallon picard). En français: “il y a rire et rire. Mais pisser sur ma tête et dire qu’il pleut ce n’est pas rire…

Christine Coppin

Pour aller plus loin avec Christine Coppin:

Christine Coppin est Coach Thérapeute, à Christine Coppin, enseignante – conférencière

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Crédits photos: Christine Coppin – Pixabay