Moustiques par milliers, fourmis, araignées, chaleur étouffante… c’est ainsi que son plus célèbre résident décrivait la vie sur l’île du Diable : le capitaine Dreyfus (1859-1935). Accusé, à tort, d’intelligence avec l’ennemi, il est retenu quatre ans prisonnier dans cet « enfer vert » , avant d’être grâcié.

Soleil, cocotiers, mer bleue… L’archipel a tout d’un paradis

L’île du Diable, l’une des trois îles de l’archipel du Salut, au large de la Guyane, est devenu le symbole de l’injustice et de la cruauté. De loin, l’archipel avait pourtant tout d’un paradis. Soleil, cocotiers, mer bleue… Quand les premiers explorateurs, anglais et espagnols, s’en approchent, ils doivent affronter des vents aussi violents que les courants qui agitent en tout sens la mer peuplée de requins. De là viendrait sa funeste appellation.

Quand la Guyane devient française, Louis XV décide d’y envoyer 10 000 colons. Mais la fièvre jaune fait des ravages, et seuls 2 000 d’entre eux accostent les rivages sains et saufs. En 1793, une forteresse est construite pour y déporter les opposants au régime, ce sera l’un des bagnes les plus durs au monde.

« Triangle maudit », « terreur des forçats »… Les trois îles verront passer des dizaines de milliers d’hommes, coupables ou innocents, comme Henri Charrière, qui écrira plus tard le célèbre livre Papillon. En 1923, l’opinion française découvre, sous la plume du journaliste Albert Londres, la réalité du bagne : « Ile du Diable ! Tombeau des vivants, tu dévores des vies entières. » C’est le début de la fin. En 1947, le « bagne des bagnes » ferme ses portes. Aujourd’hui, le centre spatial guyanais est le propriétaire de l’île, interdite au public.

source – crédit photo:© Christian F5UII/Wikimedia Commons

 

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