Top départ du 79ème Festival de Cannes.

Un frisson très particulier que seule la Croisette sait provoquer. Du 12 au 23 mai, le monde entier regardera à nouveau cette ville devenue mythique, espérant y retrouver ce que le cinéma a toujours eu de plus précieux : sa capacité à nous emporter ailleurs.

À nous faire rêver.

Et peut-être n’avons-nous jamais eu autant besoin de cela qu’aujourd’hui.

Le Jury des Longs Métrages reflète cette volonté de réunir des regards puissants et singuliers autour du cinéma mondial. Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook présidera cette 79e édition entouré notamment de Demi Moore, Chloé Zhao, Ruth Negga, Stellan Skarsgård ou encore Isaach De Bankolé. Ensemble, ils auront la responsabilité de remettre la Palme d’or à l’un des 22 films en compétition lors de la cérémonie du 23 mai.

Cette édition 2026 s’annonce ambitieuse. Pedro Almodóvar, Asghar Farhadi, Hirokazu Kore-eda ou encore Cristian Mungiu figurent parmi les grands noms attendus de cette sélection officielle particulièrement internationale. Le Festival ouvrira avec La Vénus Électrique de Pierre Salvadori tandis que les projections du Cinéma de la Plage illumineront à nouveau les nuits cannoises avec plusieurs classiques populaires face à la mer.

Le Festival prolongera également les projections de la Sélection officielle par plusieurs rencontres avec de grandes figures du cinéma contemporain. Cette année, ces rendez-vous s’ouvriront avec Sir Peter Jackson, au lendemain de la remise de sa Palme d’or d’honneur. Cate Blanchett et Tilda Swinton participeront elles aussi à ces échanges très attendus autour du cinéma, de la création et de la transmission artistique.

Crédit visuel :
Festival de Cannes – Photo : Russell James

Et comme autre symbole fort de cette édition tournée vers les grandes figures du spectacle, Barbra Streisand recevra une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie du Palmarès du 23 mai prochain.

Actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et compositrice mondialement admirée, elle incarne depuis des décennies cette idée presque intemporelle de l’artiste totale : libre, exigeante et profondément habitée par sa création.

Entre les hommages, les projections en plein air et cette sélection particulièrement internationale, Cannes 2026 semble vouloir renouer avec ce qui a toujours fait sa force : un cinéma capable de rassembler le monde entier autour d’une émotion commune.

Et pourtant, au-delà des titres, des tapis rouges et des stratégies de communication parfaitement huilées, beaucoup attendent surtout autre chose :

Une émotion.


Thelma & Louise : une affiche qui dit déjà beaucoup

Et puis il y a cette affiche officielle.

Thelma & Louise.

Dès les premières secondes, beaucoup d’entre nous ont ressenti quelque chose. Parce que ce film n’est pas seulement un classique : c’est une œuvre libre, vibrante, profondément humaine, qui traverse les générations sans perdre sa force émotionnelle.

Et déjà, avec ce choix-là, Cannes 2026 réussit un pari : nous rappeler que le cinéma peut encore faire naître du rêve.

Il n’est même pas certain qu’un film comme Thelma & Louise pourrait aujourd’hui traverser notre époque sans provoquer immédiatement d’interminables polémiques, analyses ou débats en cascade.

Parce qu’il ose montrer deux femmes refusant un monde qui les enferme, cherchant un dernier souffle de liberté dans une société devenue étouffante.

Et c’est précisément ce qui rend ce film encore aussi puissant aujourd’hui.

Thelma & Louise parle d’asphyxie.
De liberté.
Du besoin vital de reprendre le contrôle de sa vie.

Un film profondément humain, bouleversant, qui continue à toucher toutes les générations.

À une époque où tout semble devoir être immédiatement encadré, corrigé ou désamorcé, voir Cannes choisir Thelma & Louise comme image de cette édition 2026 est une déclaration :

Le vrai cinéma commence précisément là où naît le vertige.

Le cinéma a toujours transformé le monde en émotion.

Bien sûr que le cinéma doit raconter les fractures de notre époque.

Les injustices.
Les guerres.
Les violences sociales.
Les blessures humaines.

Depuis toujours, les plus grands réalisateurs utilisent l’art pour dénoncer, questionner, réveiller les consciences.

Mais ces dernières années, certaines œuvres semblent parfois oublier qu’au-delà du message, le public vient aussi chercher une respiration, une élégance, une émotion capable de le faire tenir debout dans un monde devenu extrêmement lourd.

Et c’est précisément là que Cannes a un rôle immense à jouer.


Nous espérons une sélection qui nous élève

Réalisateurs, jurys, acteurs…

Cette année, nous comptons sur vous.

Nous espérons une sélection qui nous bouleverse, qui nous transporte, qui nous fasse sortir d’une salle avec cette sensation rare d’avoir vécu quelque chose de plus grand que nous-mêmes.

Pas uniquement des règlements de comptes permanents entre idéologies, religions, classes sociales ou visions politiques du monde.

Oui, le cinéma doit continuer à dénoncer les injustices.

Mais il doit aussi continuer à faire battre les cœurs.

Laisser une place au mystère, au glamour, au romanesque, à l’émotion pure, aux personnages inoubliables et aux histoires qui nous donnent envie d’aimer la vie envers et contre tout.

Parce qu’au fond, le rêve n’est pas un luxe.

C’est une nécessité humaine.


Nous avons grandi avec un cinéma qui faisait naître des légendes

VENICE, ITALY – AUGUST 31: Cate Blanchett attends the premiere of the movie ‘A Star Is Born’ during the 75th Venice Film Festival on August 31, 2018 in Venice, Italy. — Photo by arp

J’ai 53 ans et je crois appartenir à une génération qui a connu un autre rapport au cinéma.

Un cinéma qui fabriquait encore des icônes.
Des monstres sacrés.
Des regards éternels.

Il suffisait d’une apparition de Gena Rowlands, Johnny Depp, Meryl Streep, Robert De Niro, Al Pacino, Robert Redford, Alain Delon, Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo ou Keanu Reeves pour que le temps semble suspendu quelques secondes.

Le glamour faisait partie du spectacle.
De cette magie capable de transformer une montée des marches, une scène silencieuse ou un simple regard caméra en souvenir collectif.

Le cinéma donnait envie de s’habiller mieux, d’aimer plus fort, de croire davantage à la beauté du monde.

Les acteurs devenaient des symboles universels parce qu’ils portaient quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes : une émotion collective.

Aujourd’hui encore, je refuse de croire que cette magie a disparu.

Je crois simplement qu’elle attend qu’on ose à nouveau la célébrer.


Nous avons grandi avec des films qui nous accompagnaient toute une vie

À la maison comme pour des millions de spectateurs à travers le monde, le cinéma n’a jamais été un simple divertissement.

Certains films deviennent des repères.
Certaines musiques restent gravées pour toujours.
Certains acteurs traversent les générations comme des visages familiers.

Parce que la créativité sous toutes ses formes reste ce qui maintient une société vivante.

La musique.
Le cinéma.
Le théâtre.
Les livres.
La peinture.

Les artistes donnent une âme au monde.

Et c’est précisément pour cela que le Festival de Cannes demeure si important : il rappelle chaque année que l’art peut encore rassembler des millions de personnes autour d’une émotion commune.


L’intelligence artificielle ne remplacera jamais l’âme humaine

Nous vivons une époque fascinante technologiquement.

L’intelligence artificielle bouleverse déjà la musique, l’image, l’écriture et le cinéma. Mais contrairement à ce que certains pensent, je ne crois pas qu’il faille avoir peur de ces outils.

L’IA peut accompagner la création.

Elle ne remplacera jamais un album de Billie Eilish écouté la nuit avec le cœur en vrac.
Elle ne remplacera jamais le regard de Robert De Niro dans une scène silencieuse.
Elle ne remplacera jamais ce frisson collectif qu’un grand acteur peut provoquer en quelques secondes.

Les outils changent.
Le besoin d’émotion, lui, reste intact.


Cannes, fais-nous encore croire à la magie

Lorsque les lumières s’éteindront dans le Grand Palais, le monde entier espérera secrètement la même chose :

Être surpris.
Être bouleversé.
Être émerveillé.

Parce qu’une époque qui ne rêve plus devient une époque qui s’éteint doucement.

Et le cinéma, lorsqu’il est grand, nous rappelle exactement l’inverse :

Que tant qu’il restera des artistes capables de nous faire ressentir quelque chose de profondément humain, alors tout ne sera jamais perdu.


Sophie Denis
Médium, Fondatrice et Rédactrice en chef du JDBN

Sophie Denis

Sophie Denis

Médium, Fondatrice & Rédactrice en chef du
Journal des Bonnes Nouvelles

Depuis 2014, le JDBN met en lumière celles et ceux qui créent, inspirent, réparent, innovent et font circuler de bonnes nouvelles.

Attention : selon la loi de l’abondance, garder une bonne nouvelle pour soi pourrait bloquer votre karma. Partagez cet article… par pure prudence cosmique.

Soutenez l’application JDBN

Vous aimez notre média positif et nos contenus quotidiens ?
Aidez-nous à finaliser la création de l’application JDBN, pensée pour diffuser encore plus de bonnes nouvelles.


➜ Je soutiens le projet

Sources: JDBN – Festival de Cannes – festival-cannes.com – Crédits visuels: Depositphotos – instagram – YouTube