Nous achetons des packs d’eau parce que nous pensons protéger notre santé et celle de nos enfants. Nous portons des kilos de bouteilles, nous les stockons, puis nous les jetons en croyant avoir choisi une eau plus pure.
Pourtant, une analyse française réalisée sur plusieurs grandes marques a retrouvé des microplastiques dans sept bouteilles sur neuf.
Et le résultat le plus inquiétant concerne précisément une bouteille destinée aux enfants. Ceux que nous croyons abreuver d’une eau irréprochable, parfois plusieurs fois par jour, entre l’eau en bouteille et le biberon en plastique.
Au JDBN, cette question ne date pas d’hier. Nous alertons nos lecteurs sur la qualité de l’eau et les limites des bouteilles en plastique depuis 2020. Depuis, nous sommes tous passés à l’osmoseur. Plus de packs à porter, de bouteilles à stocker ni de plastique à jeter chaque semaine : nous filtrons notre eau directement à la maison et nous ne reviendrions pas en arrière.
La bonne nouvelle, c’est que nous ne sommes pas condamnés à choisir éternellement entre Cristaline, Evian, Vittel ou Volvic. L’alternative existe déjà.
Le constat accablant : sept bouteilles sur neuf contaminées
En 2022, l’association Agir pour l’Environnement a confié au laboratoire public Labocéa l’analyse de neuf bouteilles achetées dans le commerce.
Les références étudiées appartenaient aux marques les plus vendues en France : Badoit, Cristaline, Evian, Perrier, Vittel, Volvic et Montclar, distribuée par Carrefour.
Le laboratoire a retrouvé des microplastiques dans sept échantillons sur neuf.
| Eau analysée | Format | Particules détectées | Équivalent par litre |
|---|---|---|---|
| Vittel Kids | 33 cl | 40 | 121 |
| Cristaline | 1 litre | 8 | 8 |
| Vittel | 1 litre | 5 | 5 |
| Evian | 50 cl | 2 | 4 |
| Perrier | 1 litre | 2 | 2 |
| Badoit | 1 litre | 1 | 1 |
| Evian | 1,5 litre | 1 | 0,7 |
| Volvic | 50 cl | 0 détectée | 0 détectée |
| Montclar Carrefour | 33 cl | 0 détectée | 0 détectée |
Ces résultats ne constituent pas un classement définitif des marques. L’analyse a porté sur une bouteille et un lot précis de chaque référence. L’absence de particules détectées dans un échantillon de Volvic ou de Montclar ne garantit donc pas que toutes les bouteilles de ces marques en soient dépourvues.
Cette étude ne nous indique pas quelle bouteille acheter. Elle révèle surtout les limites du principe même de l’eau conservée pendant des semaines ou des mois dans du plastique.
Le pire résultat concernait les enfants
La bouteille la plus contaminée parmi les neuf références analysées était une Vittel Kids de 33 centilitres, spécialement conçue pour les enfants.
Le laboratoire y a identifié 40 particules de polypropylène, soit l’équivalent de 121 particules par litre. Toutes étaient constituées du même plastique que le capuchon sport de la bouteille.
C’est précisément ce qui rend ce résultat si choquant.
Les parents achètent de l’eau en bouteille pour bien faire. Ils préparent les biberons avec cette eau, remplissent les gourdes et choisissent de petites bouteilles pratiques à glisser dans le cartable. Personne n’imagine que l’emballage et le bouchon puissent eux-mêmes libérer des particules dans l’eau.
Un bébé nourri au biberon peut cumuler les contacts avec le plastique : l’eau a été conservée dans une bouteille, puis versée dans un autre contenant en plastique, parfois chauffé et secoué plusieurs fois par jour.
Cela ne signifie pas qu’un biberon ou une bouteille provoque directement une maladie. Mais nous pouvons difficilement continuer à considérer cette accumulation comme anodine alors que des solutions simples existent pour réduire notre exposition.
Pour les nourrissons, le choix de l’eau et la préparation des biberons doivent toutefois respecter les recommandations sanitaires. Une eau osmosée, très faiblement minéralisée, ne doit pas être utilisée automatiquement sans vérifier la qualité de l’appareil et demander conseil à un professionnel de santé.
D’où viennent ces particules ?
Labocéa a identifié quatre familles de plastiques :
- le polyéthylène ;
- le polypropylène ;
- le polyéthylène téréphtalate, le fameux PET ;
- le polyuréthane.
La nature des fragments retrouvés indique qu’ils peuvent provenir de la bouteille, du bouchon ou du processus d’embouteillage.
Une bouteille plastique n’est pas une enveloppe parfaitement inerte. Elle est comprimée pendant le transport, manipulée, ouverte, refermée et parfois conservée dans des conditions peu recommandables.
La chaleur et la lumière peuvent également accélérer sa dégradation. Une bouteille laissée dans une voiture en plein soleil n’est donc jamais une bonne idée.
240 000 particules de plastique par litre en moyenne
L’analyse française de Labocéa recherchait les microplastiques mesurant entre 10 micromètres et 5 millimètres. Elle ne pouvait pas détecter les particules beaucoup plus petites.
En janvier 2024, une étude publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences a changé l’échelle du problème.
Grâce à une méthode capable d’observer des particules mesurant jusqu’à 100 nanomètres, des chercheurs des universités Columbia et Rutgers ont analysé trois marques d’eau embouteillée vendues aux États-Unis.
Ils ont détecté entre 110 000 et 370 000 particules de plastique par litre, avec une moyenne d’environ 240 000.
Près de 90 % étaient des nanoplastiques, bien plus petits que les microplastiques recherchés dans l’étude française.
Les trois marques américaines n’ont pas été dévoilées. Ces résultats ne peuvent donc pas être attribués à Evian, Vittel, Cristaline ou à une autre marque vendue en France. Ils montrent néanmoins que les anciennes méthodes d’analyse ne détectaient probablement qu’une petite partie des particules réellement présentes dans l’eau embouteillée.
Que sait-on des conséquences sur la santé ?
La recherche ne permet pas encore de mesurer précisément les conséquences d’une ingestion quotidienne de microplastiques et de nanoplastiques. Nous ne pouvons donc pas affirmer qu’une bouteille d’eau provoque directement une maladie déterminée.
Mais l’absence de certitude ne signifie pas qu’il ne se passe rien.
Des particules de plastique ont déjà été retrouvées dans différents tissus humains. Quant aux nanoplastiques, leur taille leur permet de franchir certaines barrières biologiques.
Faut-il attendre plusieurs décennies pour connaître toutes les conséquences de cette exposition avant de changer une habitude aussi facile à abandonner ?
Le principe de précaution commence parfois par un geste très simple : ne plus boire chaque jour une eau qui a passé des mois dans du plastique.
Pourquoi continuons-nous à porter des packs ?
L’eau du robinet n’est pas irréprochable partout. Mais l’eau en bouteille ne constitue pas pour autant une garantie de pureté. Elle cumule elle aussi les inconvénients :
- elle est lourde à transporter ;
- elle occupe beaucoup de place ;
- elle coûte cher sans garantir une eau exempte de microplastiques ou d’autres contaminants ;
- elle génère continuellement des déchets ;
- elle reste longtemps au contact de son emballage plastique ;
- sa qualité peut être affectée par le transport, la chaleur et les conditions de stockage.
Même lorsqu’aucune particule n’est détectée dans un échantillon, la bouteille reste un emballage jetable qu’il faut fabriquer, transporter, collecter puis tenter de recycler.
Changer de marque ne règle donc pas le problème. Boire l’eau du robinet sans la filtrer n’est pas toujours une réponse suffisante non plus. L’alternative consiste à traiter correctement l’eau directement à la maison.
Quelles alternatives aux bouteilles en plastique ?
Abandonner les bouteilles pour boire directement l’eau du robinet ne règle pas nécessairement le problème.
En France, l’eau du réseau fait l’objet de contrôles réguliers, mais elle n’est pas parfaitement pure pour autant. Sa composition varie selon les territoires, les ressources utilisées, les traitements appliqués et l’état des canalisations.
Des résidus de pesticides, des PFAS, des nitrates, des métaux ou d’autres substances indésirables peuvent être détectés, parfois à des concentrations restant dans les limites réglementaires.
La véritable alternative aux packs consiste donc à filtrer correctement l’eau du robinet à la maison.
La carafe filtrante : une solution limitée
La carafe filtrante peut améliorer le goût de l’eau et réduire certains composés, selon la cartouche utilisée.
Mais elle ne filtre pas tout. Elle exige également un entretien rigoureux, un remplacement fréquent des cartouches et une conservation au frais afin d’éviter le développement de bactéries.
Elle constitue une amélioration, pas une solution complète.
Les filtres sur robinet ou sous évier
Ces appareils peuvent réduire certains contaminants, mais leurs performances varient considérablement selon la technologie utilisée.
Un filtre à charbon actif, par exemple, peut retenir certaines substances et atténuer le goût du chlore, sans nécessairement éliminer l’ensemble des pesticides, nitrates, PFAS, métaux ou particules présents dans l’eau.
Il faut donc vérifier précisément ce que chaque dispositif est capable de filtrer et ne pas se contenter d’une promesse générale de « purification ».
L’osmoseur : la solution la plus complète
Installé sous l’évier, l’osmoseur utilise une membrane extrêmement fine pour réduire une très large gamme d’éléments indésirables présents dans l’eau.
Correctement choisi, installé et entretenu, il peut notamment retenir une grande partie des microplastiques, mais aussi de nombreux résidus de pesticides, PFAS, nitrates, métaux et autres contaminants.
Son intérêt se mesure aussi dans la vie quotidienne : plus besoin d’acheter des packs, de les porter, de les stocker puis de remplir la poubelle de bouteilles vides.
Une carafe en verre à la maison, une gourde durable pour les déplacements, et l’eau filtrée est disponible directement au robinet.
Tous les osmoseurs ne se valent pas. Il faut vérifier la qualité de la membrane, les performances réellement certifiées, la fréquence de remplacement des filtres, l’entretien nécessaire et la quantité d’eau rejetée par l’appareil.
Sortir des bouteilles en plastique ne consiste donc pas à faire aveuglément confiance à l’eau du robinet. Il s’agit de reprendre le contrôle sur sa qualité en la filtrant directement chez soi.
👉 Lire aussi: Pourquoi un osmoseur est aujourd’hui indispensable pour votre santé
La meilleure bouteille est peut-être celle que nous n’achetons plus
Le véritable choix n’est plus de savoir s’il faut préférer Cristaline, Evian, Vittel ou Volvic.
Nous dépensons de l’argent, nous portons des packs et nous produisons des montagnes de déchets pour boire une eau qui peut elle-même contenir des particules provenant de son emballage.
Au JDBN, nous avons fait notre choix : depuis que nous sommes passés à l’osmoseur, les packs d’eau ont disparu de notre quotidien.
L’investissement de départ est rapidement oublié. Le poids des bouteilles, leur stockage et les poubelles pleines de plastique aussi.
La meilleure bouteille en plastique est peut-être tout simplement celle que nous n’achèterons plus.
Attention : selon la loi de l’abondance, garder une bonne nouvelle pour soi pourrait bloquer votre karma. Partagez cet article… par pure prudence cosmique.
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Sources:
- Labocéa, Analyses de microplastiques dans des eaux embouteillées, 19 juillet 2022.
- Agir pour l’Environnement, Microplastiques : 78 % des eaux en bouteille analysées contaminées, 21 juillet 2022.
- Columbia University, étude sur les microplastiques et nanoplastiques dans l’eau embouteillée, janvier 2024.
- Qian et al., Rapid single-particle chemical imaging of nanoplastics by SRS microscopy, PNAS, janvier 2024.

















