Nous avons beau faire preuve de bonne volonté pour avancer dans notre vie,  force est de constater qu’une force invisible sommeille en nous. Elle nous pousse à l’auto-sabotage, à la répétition de scenarii identiques… Elle nous fait grincer des dents. Elle nous fait tomber, elle nous pousse à nous relever. Elle nous laisse là, aveugles et en pleine incompréhension.

Cette force, c’est notre inconscient et elle régit en grande partie notre vie.

Pour l’apprivoiser et en faire, à terme, notre meilleur allié, Liliane Holstein nous explique point par point sa raison d’être, son mode de fonctionnement et ses qualités insoupçonnées dans le passionnant livre « Le syndrome de la mouche contre la vitre », publié aux Editions J.Lyon/Trédaniel.

Rencontre avec Liliane Holstein, psychanalyste et archéologue de l’âme.

Liliane, avant de plonger dans votre livre, parlez-nous un peu votre passion pour la psyché humaine…

Je suis née à la fin des années 50. Les gens étaient très marqués par la période de la guerre, les traumatismes étaient encore très présents. 

Enfant j’observais tout et ressentais très fort les émotions des humains que je voyais. Je comprenais instinctivement la raison de tel ou tel comportement. 

J’ai rapidement intégré le fait que la plupart des êtres humains n’étaient pas véritablement propriétaires d’eux-mêmes, que quelque chose de colossal les dépassait…

Une fois arrivée à l’âge adulte, c’est tout naturellement que j’ai plongé dans les arcanes de l’âme humaine.  

Le cheminement vers la psychanalyse a été naturel. J’ai appris qui était l’inconscient, « cet infiltré » qui nous téléguide sans cesse. Je me suis régalée en découvrant quels étaient ses moyens de nous tromper via les réelles raisons d’un malaise psychique, quel est son  langage et comment il mène son petit monde du bout du nez ! (sourires)

J’exerce le métier de psychanalyste depuis plus de 30 ans. Ces milliers de consultations sur des problématiques intimes mais à la portée universelle m’ont toujours confortée dans l’idée que nous pouvons faire de notre inconscient notre meilleur allié… À condition de savoir décoder ses messages.

 

L’inconscient…Mais qui est-il réellement ? Que nous veut-il vraiment ?

Nous ne pouvons pas observer l’inconscient, pas même avec l’IRM la plus sophistiquée…Il est pourtant bien là. Il est comme l’air que nous respirons. Il nous est indispensable mais nous ne le voyons pas.

Pour tenter de définir l’inconscient, je dirais que c’est une instance de pensées extraordinaire. C’est une méga- mémoire qui enregistre absolument tout ce que nous vivons et ressentons, en bien comme en mal, dès notre présence dans l’utérus maternel et ce, jusqu’à notre dernier souffle.

Vous allez me demander : à quoi sert-il ? Je vais vous répondre et cela risque de vous sembler étrange mais il est là pour nous aider, malgré le fait qu’il utilise des moyens peu sympathiques, voire tortueux.

Son but initial est de rassembler tout ce qui a pu nous gêner et nous blesser dès notre enfance. Les humains depuis leur plus jeune âge, vivent bien souvent une multitude d’écorchures plus ou moins graves, sur le plan affectif et comportemental, de la part des adultes proches, mais aussi de la société dans laquelle ils grandissent. Même si nous avons évolué dans une famille aimante, nous avons tous été heurtés par des comportements ou des paroles injustes ou blessantes. Tout est enregistré. L’inconscient nous protège en créant une certaine amnésie durant ce temps de l’enfance. 

Mais toutes ces blessures, ces mémoires tapies dans l’ombre, peuvent ressurgir plus tard, face à des situations de vie (comme par exemple, le début de vie en couple, la parentalité, ses rapports avec ses frères et sœurs, la perte d’un parent). Soulignons que la plupart des souffrances que nous traversons au cours de notre existence découlent de blessures affectives originelles, qui se sont greffées lors de nos premières années sur terre.

« Notre première langue maternelle est l’inconscient »

 Pour que nous ne nous heurtions pas aux réelles causes de nos souffrances, notre inconscient utilise toute une armada de mécanismes de protection psychique, comme par exemple, le refoulement, le déni, des addictions qui détournent des vraies raisons d’un malaise interne. En règle générale, toutes ces attitudes nous poussent à être « à côté de notre vie ».

Alors que penser de l’inconscient ? C’est finalement un ami qui nous veut du bien mais qui nous bouscule constamment. C’est un peu un maître autoritaire et sans états d’âme, qui nous malmène, mais en réalité, il ne souhaite que notre bien en nous poussant à évoluer et à nous libérer des dysfonctionnements, des générations passées.

L’inconscient et nous

Il existe deux catégories de personnes : celles qui vont reproduire les mêmes erreurs, les mêmes comportements difficiles, voire à risques et il y a celles qui vont prendre conscience qu’il y a un problème à dépasser.

Ces dernières vont vouloir devenir enfin elles-mêmes. Un travail est alors nécessaire pour couper les chaînes. Le réveil est enfin possible et c’est un grand bonheur pour la psychanalyste que je suis, de voir des consultants reprendre réellement le contrôle de leur vie.

 

Vous analysez tous les domaines où l’inconscient nous téléguide avec délice. Parlons des rencontres amoureuses. L’inconscient semble être un GPS hors pair dans ces cas de figure…

Bien souvent, la rencontre amoureuse se produit sous la direction de deux inconscients qui vont résonner en une fraction de seconde, bien avant que l’intellect ne se positionne. Souvent, nous pouvons tomber amoureux d’une personne qui présente des éléments assez comparables à ceux que nous avons vécus dans une relation affective (avec un père, une mère, un frère, une sœur…etc) durant notre enfance. 

Les deux personnes vont avoir la sensation de se « reconnaître ». Les deux inconscients vont ensuite être aidés par des hormones spécifiques qui se comportent comme une « colle affective ». 

Les deux personnes s’attachent donc l’une à l’autre. Elles peuvent alors bien inconsciemment rejouer la même scène vécue durant l’enfance (notons que ce qui les a attirées chez quelqu’un au départ, va sans doute devenir l’élément qui leur déplaira le plus). 

Au bout de quelques mois ou années, les incompréhensions vont pouvoir s’installer. Les inconscients respectifs vont pouvoir s’en donner à cœur joie en laissant remonter à la surface toutes les mauvaises expériences vécues dans l’enfance, en déclenchant un bon nombre de symptômes et de désaccords dans la vie d’adulte.

Leurs propres enfants deviendront alors les témoins de ce scénario et de ces scènes de théâtre névrotiques qui avaient été refoulées pendant des années. Nombreux sont ceux qui  repassent bien involontairement et en toute bonne foi, le relais des dysfonctionnements de génération en génération. Les histoires peuvent être légèrement différentes mais le fond reste en général le même. C’est le syndrome de la mouche contre la vitre…

 

La prise de conscience, première étape salvatrice

Je pratique une psychanalyse positive et optimiste ! Et j’ai pu constater que des relations, qui pouvaient sembler catastrophiques dans un premier temps, avaient de bonnes chances de se rétablir plus tard. En prenant conscience des scènes que chacun joue et rejoue, les mécanismes délétères s’arrêtent. Alors la véritable histoire d’amour commence à ce moment- là.

Dans mes consultations, je suis témoin de belles résurrections. Des couples se découvrent « pour de vrai », sans le filtre de l’inconscient. 

Je vois aussi des patients âgés de 70 ou 80 ans qui m’annoncent avoir enfin rencontré le grand amour ! Ils ont fait leur travail de nettoyage en amont et ils sont prêts à vivre ce dont nous avons tous besoin : l’amour.

 

Grâce à votre livre, nous pouvons comprendre que bon nombre de nos agissements sont téléguidés par notre inconscient. Et nous pouvons nous en sortir !

Lorsque nous sommes coincés comme la mouche contre la vitre, il est conseillé de faire le point et de se poser plusieurs questions : « pourquoi je me retrouve dans une telle situation, quel est l’intérêt pour moi de vivre cela, qu’est-ce-que cela cache, qu’est-ce que cela vient combler et remplacer en moi ? » 

Trouver les réponses est déjà un premier pas.

Autre question à nous poser : « quel était notre rêve lorsque nous étions enfant ? »

Et tenter de comprendre pourquoi nous n’avons pas réussi à le vivre, quels sont les facteurs qui nous ont éloignés de nos objectifs.

Il est cependant difficile d’arriver à se sortir de ce trouble-fête qu’est l’inconscient. Il brouille souvent les pistes. Il souhaite que nous changions mais il nous oblige à faire des efforts. Et parfois, nous ne comprenons pas son langage et nous n’avons pas le recul nécessaire. 

Un travail en profondeur avec un psychanalyste permet de décoder minutieusement le mécanisme de l’inconscient. C’est une langue très complexe.

Il faut s’entourer de thérapeutes très compétents, avoir des lectures inspirantes, apprendre à se poser et à se couper un peu du virtuel qui aggrave notre agitation mentale.

C’est comme arrêter une roue névrotique infernale. C’est donc un cadeau que l’on se fait à soi, mais aussi aux générations futures…

 

Extrait :

« Comme vous allez rapidement vous en rendre compte, ce livre a pour but de vous aider à comprendre à quel point nous fonctionnons sur plusieurs plans.

En toute bonne foi, et en toute naïveté, nous pensons construire notre vie en pleine conscience. Nous agissons, chaque instant, en pensant être au plus juste de ce qui est bon pour nous. Pourtant, dans l’ombre de notre cerveau, nuit et jour, l’inconscient trame d’autres plans…

Le cinéma nous plonge dans des réalités, des sensations, des illusions qui ne sont pas les nôtres. Pourtant, le temps du film, nous sommes baignés par cette réalité virtuelle et nous y croyons dur comme fer. Nos sentiments s’y trompent tellement qu’il nous arrive de pleurer, d’avoir peur, de vivre par procuration ce que vivent les personnages du film. Pour arriver à ses fins (et nous verrons lesquelles), dans notre réalité, l’inconscient passe son temps à nous construire un grand cinéma. Il divise notre existence en grandes scènes et construit des décors différents en fonction des grands chapitres de notre vie ».

Propos recueillis par Anne Bouquet, en exclusivité pour le JDBN.

 

Livre « Le syndrome de la mouche contre la vitre », de Liliane Holstein, éditions J.Lyon/Trédaniel, avril 2019.

Autres publications de Liliane Holstein :

« Le burn out parental », 2014, éditions J.Lyon/Trédaniel.

« La magie du couple heureux », 2017, éditions J.Lyon/Trédaniel.

Site de Liliane Holstein 

ANNE BOUQUET

Journaliste depuis une vingtaine d’années en presse écrite, j’ai mené une vie professionnelle classique : salariée d’un quotidien régional, d’une revue économique, de différents hebdomadaires locaux…

Une vie passionnante où j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de monde.

Curieuse de nature, passionnée par la vie, j’ai mis par la suite mes passions au premier plan : ésotérisme, parapsychologie, techniques de bien-être, culture, littérature…

Aujourd’hui, je travaille en tant que journaliste free- lance, pour des sites internet et des agences de communication.

Et puis j’écris des livres pour de belles âmes…

L’écriture est une énergie. À nous de la faire voyager, librement.

 

MA CONTRIBUTION AU JDBN:

« Partout dans le monde, derrière le langage courant- et souvent déprimant des médias- des hommes et des femmes de bonne volonté, font jaillir la lumière dans tous les secteurs de notre société.
Regardons- les, écoutons-les. Prenons exemple.
Le JDBN porte ces valeurs. Je suis aujourd’hui ravie d’accompagner ce média qui nous porte vers le haut. »

Anne Bouquet.