Araignées, films d’horreur ou menaces de mort la laissent de marbre. Une Américaine de 46 ans, appelée S.M. dans les publications scientifiques qui portent sur son cas, est incapable de ressentir la peur, rapporte le blog Passeur de Sciences sur LeMonde.fr.

Cette quadragénaire souffre d’une pathologie génétique rare, la maladie d’Urbach-Wiethe. Chez certaines personnes, comme S.M, cette maladie peut avoir pour conséquence d’empêcher de ressentir la peur. Chez ces patients, la maladie détruit une zone du cerveau appelée l’amygdale. Cette zone joue le rôle de  « stimulateur de peur et provoque inconsciemment des comportements adaptés à la situation« , explique Futura Sciences.

Les scientifiques ont confronté la quadragénaire à des situations angoissantes pour étudier son comportement : visionnage de films d’horreur, visite d’une « maison hantée » ou d’un magasin qui vendait des serpents et des araignées. Résultat : S.M. n’a jamais eu peur. Même les mygales ne lui ont pas donné le moindre frisson.

Ils « se sont aussi aperçus, en l’interrogeant qu’il lui était arrivé à plusieurs reprises d’être menacée de mort (elle vit dans un quartier réputé dangereux), sans qu’elle soit traumatisée par ces expériences« , rapporte le blog. Même agressée, elle n’a pas eu peur.

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Des conséquences dangereuses

Les recherches sur cette patiente viennent néanmoins de prendre un nouveau tournant. Un article paru dans Nature Neuroscience le 3 février et cité par Passeur de Sciences rapporte que S.M. a, pour la première fois depuis son enfance, ressenti la peur.

Au cours d’une expérience, les chercheurs lui ont fait respirer « un mélange gazeux contenant 35 % de CO2, un taux près de neuf cents fois supérieur à celui de l’atmosphère ! L’organisme étant très sensible à la quantité de dioxyde de carbone dans le sang, SM a commencé à se sentir mal. (…) Son visage a montré des expressions de détresse et, dans cette véritable crise de panique, elle a « enfin » eu un comportement typique d’une personne apeurée : elle a voulu fuir, elle a voulu arracher le masque par le biais duquel elle respirait. Elle avait enfin senti le danger. »

Les chercheurs disent qu’ils ne s’attendaient pas à une telle réaction. Mais celle-ci est d’importance : elle révèle que la détection du danger ne se fait pas seulement dans cette zone du cerveau.

Ne jamais ressentir la peur peut faire rêver les plus trouillards d’entre nous. Les scientifiques estiment pourtant que cela peut avoir des conséquences dangereuses : des prises de risques trop importantes ou, au contraire, un confinement dans un environnement surprotégé.

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