Lucien Essique est un être délicieux. D’une prévenance et d’une intelligence sans limite, nous avons eu le plaisir de le rencontrer à nouveau pour la sortie de son nouvel ouvrage: SOIGNER LES BLESSURES DE L’ENFANCE POUR CONSTRUIRE SON CHEMIN DE VIE.

Carine Sabatini, notre lectrice lui a posé 12 questions et j’ai eu l’immense plaisir de m’entretenir avec lui pour vous dévoiler son expérience et nous en dire un peu plus sur ces blessures de l’enfance qui nous touchent tous sans exception.

Rencontre avec un homme généreux, apaisant et réconfortant.

Sophie Denis

INTERVIEW  

Le JDBN: Certaines personnes vous qualifient de « médecin des âmes »… Qu’est-ce que l’âme pour vous ?

Lucien Essique: L’âme est l’essence-même de notre être. Cette partie sensible, celle qui est composée d’une multitude de mémoires, cette part de nous-même qui croît au fil de notre existence en fonction de notre avancée. Je distingue le verbe croître et le verbe croire. La vie est un chemin de croissance personnelle, qui nous invite à remettre en cause de nombreuses croyances et à nous rapprocher de notre centre. J’essaie ainsi d’accompagner autrui. C’est peut-être cela « médecin des âmes » ?

 

Le JDBN: Tout se joue apparemment avant 7 ans ! Quelles sont les différentes blessures vécues dans la petite enfance, engrammées ensuite dans nos cellules et combien y en a-t-il ?

Lucien Essique: Nous pouvons ouvrir en nous jusque 7 blessures. De 0 à 3 ans deux blessures archaïques le rejet et l’abandon, puis après 3 ans l’injustice, l’humiliation, la trahison, l’insécurité et l’impuissance et ceci jusque 7 ans; après ce sont des réactivations de ces blessures. Chacune d’entre elles crée une empreinte émotionnelle qui nous fait souffrir. Si avant mes 3 ans je me suis senti rejeté ou abandonné, je vais rencontrer des situations qui vont venir réveiller la blessure initiale et vont « induire » un comportement qui me met à mal. Heureusement il est possible d’en guérir ! Le processus est tout d’abord inconscient… Le livre que j’ai écrit donne des outils pour devenir davantage conscient et soigner ses propres blessures.

 

Le JDBN: Avons-nous toujours une blessure d’enfance dominante ?

Lucien Essique: Heureusement nous ne les portons pas toutes ! Oui nous pouvons être sensible plus particulièrement d’une ou de deux blessures. J’ai été pendant un temps le champion de la blessure d’injustice. C’est ce que j’ai vécu dans ma scolarité qui m’a amené à être sans cesse en alerte face à ce qui me semblait injuste. De fait c’était moi qui était blessé. Et voyez-vous c’est une erreur que nous faisons tous, accuser autrui, la société.. jusqu’au moment où nous prenons conscience que c’est notre réaction bien personnelle face à ce dont nous avons souffert au début de notre existence.

 

Le JDBN: Quelle est une caractéristique comportementale typique de la blessure de rejet chez un adulte ?

Lucien Essique: Une tendance à se comparer par rapport aux autres, à se replier sur soi, à se dévaloriser, à vouloir à tout prix exister aux yeux des autres, le comportement devient si pressant que les autres le font sentir et c’est de nouveau la souffrance du rejet ! Ceux qui souffrent du rejet ont une grande difficulté à prendre leur place. C’est une grande souffrance émotionnelle le rejet.

 

Le JDBN: Des blessures d’enfance très marquées dans la vie d’un adulte peuvent-elles être repérées par un thérapeute aussi à travers le vocabulaire utilisé et/ou des postures physiques de l’intéressé?

Lucien Essique: Lise Bourbeau a écrit un livre bestseller « Les 5 blessures », elle dresse la physionomie des personnes portant les différentes blessures. Mais un thérapeute peut très vite repérer dans son écoute les blessures qui sont en souffrance. Le contexte , les messages, les émotions exprimées ne trompent pas.

 

Le JDBN: Existe-t-il un lien entre les blessures vécues dans l’enfance et les maladies que l’on développe au cours de sa vie ? 

Lucien Essique: C’est en quelque sorte le sens du livre que j’écris actuellement. Il y a des liens entre l’âme et le corps. Et plus nos guérissons les maux de l’âme, plus nous nous sentons mieux dans notre vie. C’est une question d’équilibre et d’harmonie à trouver. Avant mon changement personnel j’ai eu 6 interventions chirurgicales sous anesthésie générale, de puis plus rien. C’est mon baromètre et au-delà des blessures ce sont les situations que nous vivons qui nous troublent profondément tant que nous n’avons pas trouvé « l’antidote ».

 

Le JDBN: Parmi les différents outils d’accompagnement utilisés pour soigner les blessures de l’enfance, vous citez les constellations familiales, l’hypnose, le travail énergétique et la méthode ESPERE. En quoi consiste cette dernière ?

Lucien Essique: La Méthode ESPERE® est issue des travaux de Jaques Salomé Psychosociologue auteur de nombreux livres. C’est un ensemble de concepts, d’outils, de règles d’hygiène relationnelle qui nous invitent à mieux communiquer avec soi et les autres. Le travail avec la visualisation externe et les démarches symboliques sont d’une grande efficacité pour soigner les maux de l’enfance et prendre soin de soi.

 

Le JDBN: Chaque incarnation sur terre est-elle associée à une mission de vie ?

Lucien Essique: Oui, mais  le terme mission est pour certains mal interprété. Je dirai qu’en premier lieu que nous sommes libres de faire le bon, le bien, le mal, de vivre pleinement, ou de ne pas vivre, de guérir, ou de souffrir… C’est donc chacun de nous qui décidons ! Et dès que nous percevons le sens de la vie, sa magie et si un tant soit soit peu nous nous sentons reliés, alors le sens même de notre existence se pose. Quand je regarde mon cheminement, je repère un fil rouge qui a tracé mes différentes orientations. Aujourd’hui je suis persuadé que la voie que j’emprunte est juste et utile, j’exprime cela avec humilité. Car être une maman et donner le meilleur à ses enfants est une très belle mission…L’essentiel est de se sentir en phase, en cohérence avec ce que nous vivons. Je souhaite ajouter cela, il n’y a pas de petite ou de grande « mission ». ll coexiste plusieurs influences, karmique, nos liens avec nos différentes expériences de vie, familiale ce que nous avons appris au sein de notre famille et au sens le plus large au niveau transgénérationnel, l’inconscient auquel nous sommes reliés et notre propre influence qui se crée par l’ensemble de nos expériences.C’est de cette alchimie et de l’accord que nous opérons entre nos différentes parties qui nous donne l’élan de vie, appuyé sur nos valeurs, le respect de nos besoins et l’intime connexion à ce qui nous émerveille et qui nous donne le désir de créer au-delà de ce que nous avons reçus.

 

Le JDBN: En quoi prendre soin de nos besoins de créer et de rêver peut-il nous aider à nous réaliser ?

Lucien Essique: Les besoins sont fondamentaux, vitaux, si je ne dors plus je cours un risque, si je ne peux plus communiquer avec autrui je vais souffrir… Prendre le temps de rêver est fabuleux. tous les grands projets sont issus d’un rêve, et si je rêve je crée … j’avais 4 ou 5 ans mon père m’avait construit un petit manège à partir d’un tourne-disque, c’était beau, il m’a donné le sens de la créativité… Avant de faire ce métier j’ai créé et mis en scène de grands spectacles, j’ai fait rêvé, car avant j’étais moi-même dans un rêve qui s’est manifesté car j’y croyais fortement. Je ne pourrai pas écrire sans la créativité qui m’anime sans une part de rêve, tout en restant bien ancré dans la réalité. Quand on se sait plus rêver, quand on ne regarde pas au-delà de notre réalité, nous risquons de stagner.

 

Le JDBN: Petite question perso : A quel âge avez-vous entamé votre propre recherche intérieure et quel a été l’élément déclencheur ?

Lucien Essique: C’est une prise de conscience majeure dans un stage de formation professionnelle. Je souffrais, je ne le montrai pas, il y avait un écart sidéral entre ce que je vivais intérieurement et ce que je montrais. Je vivais depuis 25 ans avec ma femme mère de mes 4 enfants. J’essayai de la sauver d’une maladie psychique et je m’épuisai. J’ai appris alors que je ne pouvais pas sauver autrui et j’ai commencé à me respecter, je me suis séparé, deux ans plus tard elle mettait fin à ses jours en me laissant un courrier qui m’invitait à vivre pleinement..  Ce stage, ces expériences de vie, m’ont amené à la psychothérapie puis de nombreuses formations… Très vite alors j’ai alors su que j’allais changer de cap ! J’avais près de 48ans, j’ai accompagné le nouveau millénaire… Aujourd’hui j’ai 62 ans, je suis bien là où je suis.

 

Le JDBN: Comment définiriez-vous ce que vous appelez la « solitude habitée » et quelle est son importance ?

Lucien Essique: Être bien avec soi-même, vivre sans dépendance, apprécier d’être là dans un univers en marche.Pas de narcissisme juste une présence avec soi dans l’instant présent, empli d’estime, de confiance d’amour de soi. C’est un chemin pour y parvenir tant nous pouvons être liés part tant d’attaches. Je suis convaincu de la nécessité de contacter cet état intérieur pour mieux vivre ensuite avec autrui. Celui qui croit que son bonheur dépend d’autrui perd beaucoup d’énergie et risque de souffrir ! Pas de jugement de ma part, je suis passé par là.

 

Le JDBN: Pensez-vous que nous sommes dans une ère de changement, d’évolution spirituelle et d’élévation des niveaux de conscience et comment arriver à choisir les pratiques qui nous conviennent et les bons thérapeutes, afin de retrouver notre liberté intérieure et notre potentiel vital, de grandir et de donner du sens à ce que l’on vit ? L’intuition est-elle un bon baromètre ?

Lucien Essique: Oui nous sommes dans une nouvelle ère de changement et d’élévation de notre conscience, de notre taux vibratoire. L’homme, la femme sont confrontés à de grands défis, l’environnement, la survie de la planète (sans tomber dans le pessimisme ambiant), la violence, la crise dans les couples… Il est possible d’avoir une vision catastrophique, j’ai plutôt une vision assez réaliste. Le monde extérieur change, il craque, certains tombent dans la violence, dans l’impuissance alors que c’est à mon sens une invitation à faire évoluer notre monde intérieur. Le changement dixit Gandhi, se crée à l’intérieur avant de se manifester dans notre réalité extérieure. Si vous être animé, par l’amour, par des valeurs fortes, si vous ressentez qu’une source au-delà de votre être  vous invite à vous aimer, à vous respecter, à changer alors c’est le le moment. Ce qui m’a ouvert spirituellement c’est le travail en constellations familiales. Cette approche thérapeutique transforme la vision de la vie, de la mort qui est de fait toujours la vie sous un autre état vibratoire. Nous sommes tous reliés et chacun a un pouvoir extraordinaire d’évolution et de l’élévation de son être. La cerise sur le gâteau c’est le développement des perceptions, la perception des synchronicités… Oui c’est possible, comment changer de paradigme, il y a pas de temps, pas de frontières et donc pas d’intérêt à créer des clans, des rivalités.Maintenant il y a une foultitude d’outils thérapeutiques, choisissez celui qui vous fait vibrer et gardez toujours votre sens critique et votre liberté. Personne ne peux vous enfermer par des pratiques, des dogmes si quelqu’un souhaite vous mettre en dépendance, ce n’est pas un thérapeute. La méditation est utile si elle n’est pas vécu en position refuge, je vois tant de personnes avec les anges et n’étant plus ancrées dans le réel, c’est alors une dérive.

Je vous invite à être pleinement vous-même la perception de la magie de la vie m’a convaincu que le divin est en chacun de nous je vous confie cette phrase écrite par Déborah Chock sur l’un de ses nombreux tableaux « Faire de la magie sienne ». Bonne route à vous, l’aventure du changement est palpitante avec un zeste d’acceptation et d’amour.

SOIGNER LES BLESSURES DE L’ENFANCE POUR CONSTRUIRE SON CHEMIN DE VIE – LUCIEN ESSIQUE

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Lucien ESSIQUE
Thérapeute, formateur, auteur et conférencier
55 rue de Chabrol 75010 PARIS
Tel 0033 611 343 521 – 0033 142 936 796
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