Dans son deuxième ouvrage, intitulé La Force de l’imperfection, Brené Brown affirme qu’ avant de dévoiler à quiconque nos fragilités, il nous faut tout d’abord bien choisir la personne à qui l’on se confie. J’aime particulièrement ce passage où vous expliquez que si nous partageons quelque chose avec la mauvaise personne, ce ne fera qu’ajouter une vague sur un plan d’eau déjà bien agité. Belle image, je trouve. Dans ces cas-là, on a besoin de quelqu’un qui nous ancre dans le sol, à l’image d’un arbre robuste. Et on doit absolument éviter l’ami qui écoute votre histoire, a honte pour vous et confirme que vous avez bien raison d’être mortifié(e) avant de se taire, gêné(e) pour vous… Et c’est alors à vous de lui remonter le moral !!

 

    • Ca vous est arrivé, aussi ? …Vous vous sentez toujours aussi mal, et en plus vous avez un ami en moins !

 

    • Il y a aussi l’ami rempli de compassion « Oh, je suis vraiment désolée pour toi » plutôt que d’empathie « Je te comprends, je suis avec toi, j’ai déjà connu ça ». Ou la version passive agressive de l’ami compatissant « Ohlala, ma pauvre, le ciel seul peut t’aider ! »

 

    • Ah oui, celle-ci, elle me file carrément la chair de poule ! Avec le côté j’ai Dieu dans la poche… C’est de loin la pire !!

 

    • Il y a aussi l’ami qui vous considère comme une icône et qui se sent trahi(e) par cet aveu de faiblesse et qui n’accepte pas que vous soyez cette chose imparfaite. A ses yeux, en fait, c’est vous qui la laissez tomber !

 

    • Oui… Et ça fait mal, je vous jure !

 

    • Et puis il y a l’ami qui est très mal à l’aise avec cette vulnérabilité que vous lui exposez. Et qui vous engueule carrément : « Mais comment tu t’es débrouillé(e) ? C’est de ta faute si ça s’est passé comme ça ! » Ou encore celui ou celle qui veut tout arranger mais que la situation met si mal à l’aise qu’il est incapable de vous dire de vous remettre en cause « Allez, exagère pas non plus, c’est pas grave… » Et enfin, celui qui en profite pour vous rabaisser et vous apprendre la vie « Mais c’est rien, ça ! Si tu savais ce qui m’est arrivé, à moi… Tiens, écoute… » Donc, quand vous vous confiez à un proche, en toute confiance et intimité, que vous lui racontez quelque chose qui vous a fait de la peine, qu’est ce que vous attendez vraiment de lui ?

 

    • J’attends de cette personne qu’elle m’aime, malgré mes failles et mes imperfections. Et je dirais même qu ‘elle m’aime à cause de ces failles et imperfections. J’attends de ces amis qu’ils retroussent leurs manches et soient près à se mouiller pour moi ! Et on a pas besoin d’en avoir cinquante, des amis comme ça ! On n’est pas dans une pub Ricoré où on vit entouré de 15 super amis ! Avoir déjà une personne sur terre que l’on peut appeler et lui dire froidement : «  Tu sais, je viens de trahir la confiance de quelqu’un que j’aime, j’ai honte, je ne sais pas comment m’en sortir, ça risque de prendre des proportions de malade… » Et si cette personne que vous appelez vous répond : «  Hey, je suis là, t’es pas toute seule. On va régler ça ensemble » alors vous pouvez vous considérer comme béni des dieux ! C’est grâce à des amis comme ça que l’on arrive à dépasser l’attitude de certaines personnes.

 

    • Et bien sûr, vous expliquez que nous mêmes, nous pouvons à l’occasion très bien être ce genre d’ « amis ». Particulièrement si on nous confie une histoire qui résonne un peu trop fort en nous. C’est difficile, voire impossible, de faire preuve de compassion si on manque de bases solides en termes d’estime de soi…

 

    • Ce que je veux dire c’est que maintenant, avant d’aller déballer mon histoire au premier venu qui réagira n’importe comment et me fera plus de mal que de bien, je me répète comme un mantra : « Partage cette chose avec ceux qui ont gagné le droit de l’entendre », c’est comme un honneur !

 

    • BRAVO ! Wouah, c’est fort, ce que vous dites là. C’est tout à fait ça ! Parce que sinon, c’est comme ça qu’on se fait mal et qu’on se sent trahi, humilié… C’est d’ailleurs dans la Bible, non ? « Ne jetez pas vos perles aux pourceaux » : se donner en pâture, s’offrir à des gens qui sont indignes de vous recevoir.

 

    • Et il est également important de mesurer si la personne à laquelle vous vous confiez peut porter le fardeau de votre confession. Est-ce que votre amitié va résister ou non ? Je dirais même que la relation avec cet ami peut être encore plus intense si il/elle me rappelle au bout d’une heure ou d’un jour, peu importe, en me disant « Ecoute, je suis désolé(e), ça m’a tellement remué ce que tu m’as dit, je n’ai pas pu réagir tout de suite » Pour moi, c’est encore plus fort parce que cette empathie-là, elle est vraiment authentique, elle n’est pas instantanément parfaite. Tout simplement parce que parfois, on ne dit pas toujours les choses qu’il faut pile au bon moment ! Parfois, il faut aussi savoir donner un peu de temps aux gens qui nous aiment et nous aident… Vous voyez ce que je veux dire ?

La force de l’imperfection – René Brown

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La vidéo en anglais:

Traduit de l’anglais par Geraldine Guillier en exclusivité pour le Journal des Bonnes Nouvelles.

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Géraldine exerce la profession de professeur d’anglais depuis seize ans.

C’est une couverture car en réalité, elle est passionnée de mots, français et anglais.

Elle en lit, en écrit, en traduit et passe une grande partie de son temps à essayer de

les faire swinguer à l’aide de son stylo.

Elle devrait être depuis longtemps interdite de brocante et de vide greniers comme

Elle aime avoir les mains dans l’essence de térébenthine, les gravures de mode des

années 20, les cheveux de son fils ou les poils de sa chienne et de son chat.

 

MA CONTRIBUTION AU JDBN

Je suis très fière d’apporter par la traduction un coup de main au JDBN, qui a

le courage de nous montrer l’existence par le versant ensoleillé.

C’est une belle et élégante démarche.

« Ce n’est pas parce que la vie n’est pas élégante qu’il faut se conduire comme elle».