SALAZIE. Le Pisse-en-l’air a été le théâtre d’un miracle dans la nuit de vendredi à samedi. Une Saint-Pauloise de 34 ans a fait une chute vertigineuse de 25 mètres dans le lit de la Rivière-du-Mât. Contre toute attente, elle a été retrouvée saine et sauve. Récit.

 

La vie ne tient parfois qu’à un fil. Et certains parviennent à s’y accrocher coûte que coûte. La mésaventure qui est arrivée à une Saint-Pauloise en est l’exemple parfait. Car c’est un vrai miracle si cette mère de famille a échappé à la mort.
Vendredi soir, cette femme de 34 ans, son époux et leur enfant sont en déplacement dans l’est de l’île, invités à un anniversaire sur la route de Salazie. La soirée bat son plein quand le couple s’éclipse, laissant leur enfant sous bonne garde. Ils prennent l’air en amoureux. Histoire, semble-t-il, de dissiper les vapeurs d’alcool.
Mari et femme cheminent tranquillement le long de la départementale 48, non loin du célèbre Pisse-en-l’air. C’est là qu’ils décident de faire une pose en se juchant sur le muret qui borde la route, en surplomb de la Rivière-du-Mât. Le ciel est dégagé et la fraîcheur agréable. La jeune femme a-t-elle oublié qu’elle était assise dos au vide ? D’un coup et sans crier, elle a en tout cas disparu. Si bien que le mari, qui semblait ne pas la regarder à ce moment précis, s’est tout à coup senti bien seul.

 

ACCROCHÉE À UN ROCHER

Il n’a pas tardé à comprendre qu’un drame affreux venait de se produire. Son épouse – bien qu’il n’en croyait pas ses yeux – avait bel et bien basculé dans le lit de la Rivière-du-Mât. Ce qui signifiait qu’elle avait fait une chute vertigineuse d’environ 25 mètres dans la nuit noire.
Le mari en panique contacte les sapeurs-pompiers qui ne tardent pas à arriver sur les lieux, bientôt rejoints par les spécialistes du Grimp.
Il est minuit passé. Les secouristes ne disent rien mais ils sont persuadés qu’il n’y a plus d’espoir. Il paraît improbable de survivre à une telle épreuve. Passé une dizaine de mètres de broussailles, la malheureuse a forcément plongé dans le vide pendant une quinzaine de mètres pour se retrouver dans les eaux de la rivière plantées de roches.
Impossible pour les pompiers de se risquer à descendre à l’endroit même du drame. Ils prennent donc un sentier qui se situe à 300 mètres en aval pour rejoindre le lit de la rivière. Ainsi, ils espèrent découvrir la disparue en remontant le long de la berge. Au cours de la progression, facilité par leur éclairage, les secouristes scrutent chaque recoin jusqu’à ce que des cris percent le silence. Non loin, ils aperçoivent le haut d’une silhouette qui émerge de l’eau, accrochée à un rocher comme à une bouée.
Premier miracle : la disparue est en vie ! Après son incroyable chute dans le vide, elle a eu la chance d’atterrir dans un bassin. Emportée par le courant sur environ 200 mètres, elle est parvenue à mettre d’elle-même un terme à son interminable descente. Autre miracle : elle ne souffre que de légères douleurs irradiantes au thorax qui lui vaudront un simple passage à l’hôpital de Saint-Benoît. Elle n’a même pas été frigorifiée par son bain forcé. Et dire qu’elle était simplement partie prendre l’air pour retrouver ses esprits.

Source: Eric Lainé – elaine@jir.fr – http://actus.clicanoo.re/ – crédit photo: capture