Demotivateur publie…

Hawaï sera bientôt le premier État à interdire l’usage de crèmes solaires dont les composants chimiques sont nocifs pour l’environnement. Les législateurs locaux viennent en effet de faire passer une loi à cet effet. L’objectif  ? Protéger la faune marine locale si chère à cet archipel du Pacifique central.

La faune marine d’Hawaï est affectée par les composés chimiques contenus dans certaines crèmes solaires. Crédits : Tunatura / Shutterstock 

C’est une grande première. Les législateurs Hawaïens ont fait passer une loi ce mardi 1er mai interdisant dans l’archipel la vente de crèmes solaires dont les produits endommagent les récifs coralliens. Votée quasiment à l’unanimité (76 voix pour et 4 contre), elle prendra effet au 1er janvier 2021, une fois signée par le Gouverneur David Idge.

« C’est incroyable, cette loi est une première dans le monde ! En bannissant ces dangereux produits chimiques dans les crèmes solaires, Hawaï joue un rôle de pionnier en matière de protection de l’environnement », a déclaré au Honolulu Star-Advertiser le Sénateur Mike Gabbard, qui a présenté le fameux projet de loi.

Ce dernier a même fêté la bonne nouvelle en chanson, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous :

 

Les composés chimiques en ligne de mire sont l’oxybenzone et le méthoxycinnamate d’éthylhexyle. L’étude qui fait référence sur le sujet date de 2008. Réalisée par le professeur Danovaro et publiée dans l’Environmental Health Perpectives, elle démontre que ces deux composés des protections solaires provoquent un blanchiment des coraux, voire leur mort.

Des analyses d’eau de mer ont par ailleurs montré des concentrations d’oxybenzone (contenu dans plus de 3500 produits solaires) 12 fois supérieures au seuil de toxicité dans les eaux côtières à Hawaï. Seule une prescription médicale permettra encore d’obtenir une crème contenant ces ingrédients une fois la loi entrée en vigueur.

La pression des industriels

Ce projet de loi a abouti malgré de fortes réticences de la part des industriels. Les fabricants de crèmes solaires réclament notamment davantage de preuves pour justifier l’interdiction. Pour Marc Leonard, à la tête de la Recherche & Innovation chez L’Oréal en France, « les décisions réglementaires doivent être prises d’après des preuves scientifiques solides et des études multiples réalisées par différentes équipes pour fournir un faisceau de preuves. Nous en sommes très loin dans ce cas », explique-t-il à Nature.com.

Les dermatologues sont eux aussi inquiets. Ils redoutent que cette loi n’éloigne les gens de la crème solaire. « Une interdiction de ces écrans solaires à Hawaï – l’État avec le nombre le plus important d’avertissements quotidiens sur les indices UV et avec des taux très élevés de cancer de la peau et de mélanome – serait un désastre de santé publique », a déclaré Doug Johnson, porte-parole de la Hawaii Dermatology Society, au Honolulu Civil Beat.

En plus des crèmes dites biodégradables qui ne polluent pas l’environnement marin, d’autres solutions existent pour se protéger du soleil, comme les maillots anti-UV, et toute la panoplie classique  : chapeau, t-shirt, lunettes, ou encore parasol.

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