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Découverte récemment, elle a été améliorée par hasard par des chercheurs. Elle dévore le plastique utilisé dans les bouteilles d’eau.

 

Des chercheurs américains et britanniques ont amélioré par hasard une enzyme capable de détruire du plastique, ce qui pourrait contribuer à résoudre le problème mondial lié à ce type de pollution, selon une étude publiée ce lundi 16 avril.

 

Plus de huit millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans de la planète chaque année, faisant croître les inquiétudes sur la toxicité de ce dérivé du pétrole et sur son impact sur la santé des générations futures et de l’environnement. On parle parfois de « 8e continent » de plastique, dont les dimensions viennent encore d’être revues à la hausse.

 

Malgré des efforts en matière de recyclage, la grande majorité de ces plastiques peut perdurer pendant des centaines d’années. Les scientifiques cherchent un moyen de mieux les éliminer.

 

Des scientifiques de l’université britannique de Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère américain à l’Energie ont concentré leurs efforts sur une bactérie découverte au Japon il y a quelques années: l’Ideonella sakaiensis.

Améliorée par accident

Elle se nourrit uniquement d’un type de plastique, le polytéréphtalate d’éthylène (PET) qui entre notamment dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique.

Les chercheurs japonais pensent que cette bactérie a évolué assez récemment dans un centre de recyclage, car les plastiques n’ont été inventés que dans les années 1940.

L’objectif de l’équipe américano-britannique était de comprendre le fonctionnement de l’une de ses enzymes appelée PETase, en découvrant sa structure. « Mais ils ont été un peu plus loin en concevant par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET », selon un communiqué du laboratoire américain d’énergie renouvelable, qui a financé en partie l’étude, publiée lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

Encore du travail avant la révolution verte

Les scientifiques s’activent désormais à en améliorer les performances dans l’espoir de pouvoir un jour l’utiliser dans un processus industriel de destruction des plastiques.

« La chance joue souvent un rôle important dans la recherche scientifique fondamentale et notre découverte n’y fait pas exception », a commencé John McGeehan, professeur à l’école de sciences biologiques à Portsmouth.

« Bien que l’avancée soit modeste, cette découverte inattendue suggère qu’il y a de la marge pour améliorer davantage ces enzymes, pour nous rapprocher encore d’une solution de recyclage pour la montagne en constante croissance de plastiques mis au rebut », a-t-il poursuivi.

La BBC précise qu’il reste maintenant à réduire le coût de production de l’enzyme pour la produire à grande échelle, ce qui ne sera pas une mince affaire. Autre challenge: améliorer encore sa consommation de plastique, pour qu’elle soit vraiment utile face au million de bouteilles en plastiques consommées chaque minute dans le monde. Dont seules 14% sont recyclées.

 

crédit photo: Cette nouvelle enzyme raffole du plastique

JIANAN YU / REUTERS

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